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Le rituel du plan contre la pauvreté

Après de nombreux plans de lutte contre la pauvreté sans résultats, pourquoi le gouvernement se relance-t-il dans cette bataille ? En effet, l’existence même de ce plan rappelle à tous la menace que représente la pauvreté et pourrait permettre de « nous amener à accepter progressivement la perte d’un niveau de protection sociale issue de la société salariale en déclin ».

Le 13 septembre 2018, Emmanuel Macron a présenté un Plan de lutte contre la pauvreté, comme ses prédécesseurs depuis 2001. Cette mise en scène s’affirme comme un spectacle aussi fascinant qu’ambigu, dont le rituel permet de nous réunir sur le dos des plus faibles : «“Ceci est un spectacle” suppose bien qu’il y a quelque chose à voir, présenté avec une certaine beauté ou solennité à un ensemble de spectateurs en interaction avec des acteurs proprement dits, mais pouvant aussi susciter par la note spectaculaire une certaine suspicion [1].» Notons d’ailleurs le report de l’annonce du Plan après la Coupe du monde de football, afin d’éviter que les deux spectacles ne viennent se télescoper. Si la lutte contre la pauvreté est une guerre, les différents plans ont tous été des batailles perdues. En 2008, en France, 7,8 millions de personnes étaient considérées comme pauvres, en vivant avec moins de 1 026 euros mensuels, alors que l’Insee comptabilisait 8,8 millions de pauvres en 2016[2]. Ainsi, l’ensemble des Plans nationaux d’action pour l’inclusion sociale (

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Stéphane Rullac

Éducateur spécialisén docteur en anthropologie et professeur en innovation sociale à la Haute École de travail social et de la santé de Lausanne (Hes.so), Stéphane Rullac est président du Conseil scientifique de la revue Le Sociographe et rédacteur en chef adjoint de la revue de l'AIFRIS, Écrire le Social. Il est également membre du Cresppa-Gtm de Paris 8 Vincennes Saint-Denis.  ...

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Si l’affaiblissement de la base sociale du christianisme en Europe est indéniable, selon le dossier coordonné par Jean-Louis Schlegel, la sécularisation transforme la foi et l’appartenance religieuse en choix personnels et maintient une culture d’origine chrétienne et une quête de sens, particulièrement sensibles dans la création littéraire. A lire aussi dans ce numéro : une défense d’Avital Ronell, un récit de voyage en Iran et des commentaires de l’actualité politique et culturelle.