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Bergman, Antonioni et la modernité des années 1960

janvier 2008

#Divers

La disparition de ces deux très grands cinéastes, à quelques heures de distance, l’été dernier, fut l’occasion bien sûr de revenir sur leurs œuvres respectives, dans la presse et dans quelques salles où l’on programme encore un cinéma « de patrimoine ». Mais il serait aussi intéressant, semble-t-il, de s’interroger sur ce que l’apparition de leurs films majeurs, au tournant des années 1950-1960, a pu représenter pour l’époque, en particulier vis-à-vis de la notion de modernité, et en profiter pour évaluer la distance qui nous en sépare aujourd’hui, qui nous éloigne aussi, plus largement, de ce principe de rupture qu’ont représenté, en leur temps, leurs cinémas respectifs.

L’un et l’autre furent d’abord des cinéastes de la complexité, ouvrant au foisonnement des possibles et des non-dits ; aux silences et aux vides d’un écran, surchargé par ailleurs de visible et d’explicite (dans le cinéma hollywoodien, aussi bien que dans le « cinéma de qualité » européen). Dans les films de la grande décennie novatrice de Bergman, entre 1960 et 1969, le monde se creuse, se fragmente, et révèle l’insuffisance du regard que l’on peut y jeter. Ce ne sont pas seulement les terres froides et les guerres dévastatrices q

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Vincent Amiel

Universitaire, professeur à l’université de Caen, il participe à la revue de cinéma Positif et a publié de nombreux livres sur le cinéma, dont le plus récent est Joseph Mankiewicz et son double, Paris, PUF, 2010 (Prix du meilleur livre de cinéma 2010). Sans se limiter à l’histoire du cinéma, il s’interroge à travers son travail sur la place des images sur l’écran et au-delà, à la transformation…

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