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Après la propriété

La progression du taux de propriétaires dans le monde ne signifie pas une convergence vers un modèle unique. Si l’on interprète plutôt la propriété comme un faisceau variable de droits, on constate l’émergence de nouvelles formes de propriétés résidentielles, comme les organismes de foncier solidaire, favorables aux ménages les plus modestes.

Depuis plusieurs décennies, la progression du taux de propriétaires occupants constitue une tendance de fond dans une majorité des pays du monde. Bien sûr, la crise des subprime mortgages a pu freiner cette tendance, sans pour autant marquer une rupture permettant de valider l’hypothèse d’une crise de « l’idéologie propriétaire1 ». Même aux États-Unis, le recul du taux de propriétaires peut s’interpréter comme un retour à une répartition plus équilibrée entre statuts d’occupation, refermant la parenthèse ouverte par la bulle de crédits. En Europe, le statu quo reste de mise, puisque l’Allemagne et la Suisse demeurent les deux seuls pays à compter une majorité de locataires. Cette progression du taux de propriétaires signifie-t-elle une convergence vers un modèle unique de société de propriétaires dans le cadre d’une mondialisation uniformisatrice ? Qu’est-ce que ces évolutions contemporaines dans le secteur résidentiel nous apprennent sur le concept même de propriété ?

La conception dominante de la doctrine française d’une propriété définie comme un droit unitaire et absolu ne permet pas d’appréhender dans sa complexité la diversité des formes de propriété résidentielle. Cette doctrine ne permet pas d’expliquer comment, au-delà de la propriété individuelle et de la propriété publique, il existe une grande diversité des formes collectives ou partagées de propriété

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Vincent Le Rouzic

Normalien et diplômé de l'ESSEC, Vincent Le Rouzinc est docteur en urbanisme de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

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La question du logement nous concerne tous, mais elle peine à s’inscrire dans le débat public. Pourtant, avant même la crise sanitaire, le mouvement des Gilets jaunes avait montré qu’elle cristallisait de nombreuses préoccupations. Les transformations à l’œuvre dans le secteur du logement, comme nos représentations de l’habitat, font ainsi écho à nombre de défis contemporains : l’accueil des migrants, la transition écologique, les jeux du marché, la place de l’État, la solidarité et la ségrégation… Ce dossier, coordonné par Julien Leplaideur, éclaire les dynamiques du secteur pour mieux comprendre les tensions sociales actuelles, mais aussi nos envies de vivre autrement. À lire aussi dans ce numéro : le piège de l’identité, la naissance du témoin moderne, Castoriadis fonctionnaire, le libéralisme introuvable, un nouveau Mounier et Jaccottet sur les pas d’Orphée.