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Notes de lecture

Dans le même numéro

Le Metropol d’Eugen Ruge

Trad. par Jacqueline Chambon

mars 2022

Eugen Ruge est né en 1954 à Soswa, dans l’Oural, d’un père allemand devenu citoyen soviétique avant d’être déporté au goulag et d’une mère russe. En 1988, il quitte Berlin-Est et passe à l’Ouest. Mathématicien, scénariste, homme de théâtre, traducteur et écrivain, son œuvre est irriguée par son histoire familiale. Son précédent roman, Quand la lumière décline, contait, à travers trois générations, les pérégrinations d’Est en Ouest et les désillusions d’une famille nourrie à l’idéologie communiste, à l’effondrement de laquelle les derniers descendants assistent à la fin des années 19801. Le Metropol relate un épisode gardé longtemps secret de la vie des grands-parents de l’auteur, Hans et Lotte Baumgartner, alias Wilhem et Charlotte – dite Lotte – Germaine. Ceux-ci avaient fui l’Allemagne pour l’URSS lors de la montée du nazisme. À partir de leur dossier, qu’il découvre au début des années 2000 dans les archives d’État russes pour l’histoire sociale et politique, et des recherches qu’il a menées sur cette période, Eugen Ruge, mêlant réalité et fiction, reconstitue, dans ses détails les plus cocasses et les plus tragiques, leur vie quotidienne pendant les 477 jours qu’ils passent à l’hôtel Metropol, où ils sont assignés à résidence. Il décrit l’ébranlement psychologique que représente, pour les communistes convaincus qu’ils étaient, cette période de terreur et d’épuration et le climat de pe

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Éditions Chambon, 2021
352 p. 22,80 €

Bénédicte Chesnelong

Bénédicte Chesnelong est avocate au barreau de Paris, spécialisée en droit des affaires et droit pénal international. Ayant commencé sa carrière dans le cabinet de Robert Badinter, elle a par la suite travaillé pour la Commission environnement du Parlement européen, le Conseil de l’Europe et les Nations Unies, notamment comme chargée de mission au Kosovo.…

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Retrouver la souveraineté ?

L’inflation récente des usages du mot « souveraineté », venue tant de la droite que de la gauche, induit une dévaluation de son sens. Dévaluation d’autant plus choquante à l’heure où, sur le sol européen, un État souverain, l’Ukraine, est victime d’une agression armée. Renvoyant de manière vague à un « pouvoir de décider » supposément perdu, ces usages aveugles confondent souvent la souveraineté avec la puissance et versent volontiers dans le souverainisme, sous la forme d’un rejet de l’Union européenne. Ce dossier, coordonné par Jean-Yves Pranchère, invite à reformuler correctement la question de la souveraineté, afin qu’elle embraye sur les enjeux décisifs qu’elle masque trop souvent : l’exercice de la puissance publique et les conditions de la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les banlieues populaires ne voteront plus, le devenir africain du monde, le destin du communisme, pour une troisième gauche, Nantes dans la traite atlantique, et la musique classique au xxie siècle.