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Notes de lecture

Dans le même numéro

Ce que Nature sait. La révolution combinatoire de la biologie et ses dangers de Nicolas Bouleau

décembre 2021

Certains passages de ce livre demanderont des efforts aux lecteurs ne disposant pas d’une solide culture scientifique. L’enjeu le mérite : il s’agit rien de moins que de redéfinir de manière nouvelle, avec une rigueur quasi mathématique, la dualité nature-culture et de fonder scientifiquement une attitude de respect à l’égard du vivant et de prudence à l’égard des retombées possibles des progrès de la génétique et de la biologie de synthèse. La pandémie, évoquée brièvement dans la postface, confère à ce livre une actualité certaine : même si ce n’est pas la plus probable, « l’hypothèse d’un virus fabriqué en laboratoire ne peut être totalement exclue ». Quelle qu’en soit la cause, l’apparition du Sars-Cov-2 illustre le type de risques auxquels nous sommes désormais soumis, que ce soit par l’effet des perturbations des écosystèmes ou par celui des manipulations génétiques.

Deux propositions jouent un rôle crucial dans l’argumentation. La première a trait aux limites de la connaissance. Les mathématiciens en ont pris conscience à partir des travaux de Kurt Gödel, dont le célèbre théorème de 1931 prouve qu’une théorie (un système d’axiomes) suffisante pour démontrer les théorèmes de base de l’arithmétique est toujours incomplète, au sens où il existe des énoncés logiquement consistants dans ce cadre, mais « indécidables » – c’est-à-dire qui ne peuvent être ni démontrés ni réfutés à partir de ces seuls axiomes. Loin de rester une pure curiosité philoso

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Presses universitaires de France, 2021
552 p. 29 €

Bernard Perret

Bernard Perret est haut fonctionnaire ; il a longtemps travaillé pour l'INSEE, pour ensuite se tourner vers les questions écologiques et de développement durable au sein de différentes instances (dont le Ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie). Il est l'auteur de nombreux essais sur les politiques publiques, les liens entre économie et société, le développement durable (

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Le changement climatique a donné un nouveau visage à l’idée de fin du monde, qui verrait s’effondrer notre civilisation et s’abolir le temps. Alors que les approches traditionnellement rédemptrices de la fin du monde permettaient d’apprivoiser cette fin en la ritualisant, la perspective contemporaine de l’effondrement nous met en difficulté sur deux plans, intimement liés : celui de notre expérience du temps, et celui de la possibilité de l’action dans ce temps. Ce dossier, coordonné par Nicolas Léger et Anne Dujin, a voulu se pencher sur cet état de « sursis » dans lequel nous paraissons nous être, paradoxalement, installés. À lire aussi dans ce numéro : le califat des réformistes, la question woke, un hommage à Jean-Luc Nancy, la Colombie fragmentée, la condition cubaine selon Leonardo Padura, et penser en Chine.