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Notes de lecture

Dans le même numéro

La révolte par les images

novembre 2021

Cécile Boëx et Agnès Devictor publient une étude édifiante sur l’importance prise par le matériau audiovisuel dans le conflit syrien. En analysant comment les représentations font système, en en révélant les écarts par rapport aux faits, elles posent les questions de méthodologie que soulève la multiplication des images dans les sciences sociales.

Voilà plus de dix ans que fut déclenché en Syrie le soulèvement contre le régime dictatorial des Assad. Depuis, le travail de sciences sociales, en particulier le travail d’histoire, a été contrarié : les spécialistes ont été tenus éloignés de leur terrain pour des raisons de sécurité ou parce qu’ils condamnaient les crimes à l’égard des civils ; les intellectuels nationaux se sont exilés en nombre. Les uns et les autres n’ont pu étudier la crise qu’en travaillant à partir de leur mémoire, en se fondant sur leur vécu et leur expérience.

Dans ces conditions, les images vidéo captées sur place et diffusées sur Internet et la rencontre physique ou virtuelle avec les preneurs d’image ont pris une dimension centrale dans l’écriture de l’histoire immédiate, ouvrant une « nouvelle ère des images ». Agnès Devictor, qui enseigne l’histoire du monde contemporain à Paris-I, est l’autrice d’ouvrages de référence sur le cinéma iranien ; Cécile Boëx dirige à l’EHESS des recherches sur la relation entre images et politique en Syrie. Elles ont réuni quatorze études courtes et incisives, sélectionnées dans un espace audiovisuel et numérique à la fois vaste et instable.

L’histoire en train de se faire

L’importance des enregistrements est d’abord quantitative : des milliers de documents disséminés sur Internet entre 2011 et 2017, sous des formats hétérogènes. Les vidéos constituent un objet éclaté dans ses formes (du plus artisanal message envoyé à la famille

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
CNRS Éditions, 2021
302 p. 32 €

Élizabeth Picard

Directrice de recherche émérite au CNRS, Elizabeth Picard travaille sur les identités et les mobilisations politiques au Liban, en Syrie et en Irak. Elle a publié de nombreux ouvrages et articles dans des revues spécialisées, en français et en anglais, sur la vie politique dans le monde arabe, notamment le Liban et la Syrie.

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L’essor sans précédent d’Internet et des nouvelles technologies de l’information a transformé en profondeur le rapport des citoyens à la participation civique. Si elle a permis des progrès incontestables, cette révolution numérique pose également des défis pour la préservation du débat en démocratie. Le bouleversement introduit par le numérique dans la délibération publique semble en effet remettre en cause les exigences traditionnellement associées au débat démocratique, comme l’égalité d’accès, le contrôle public des instances de modération, la fiabilité de l’information ou le pluralisme des courants d’expression. Quelles stratégies adopter pour faire face aux dérives qui touchent aujourd’hui le débat sur Internet ? Le dossier, coordonné par Romain Badouard et Charles Girard, examine la propagation des fausses nouvelles, la mobilisation de nouveaux publics, les pouvoirs de régulations privés et la déstabilisation des cadres juridiques. À lire aussi dans ce numéro : le naufrage moral de l’Église, qui sont les talibans ?, gouverner la pandémie et une rencontre avec Pierre Bergounioux.