Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Notes de lecture

Dans le même numéro

Race et sciences sociales. Essai sur les usages publics d’une catégorie de Stéphane Beaud et Gérard Noiriel

juil./août 2021

La thèse générale de l’ouvrage est connue : la race et, au-delà, tout l’« identitaire » ont remplacé la classe, à la fois comme constructions étudiées par les sciences sociales et dans la conscience et l’expérience vécue des acteurs.

Critiques et polémiques acerbes, avec des excès bien connus aujourd’hui, ont accompagné la parution de ce livre en février 2021, avant et après sa sortie. On s’aventure donc en terrain miné en en parlant. Les deux auteurs sont des chercheurs connus et reconnus, le premier comme sociologue et le second en tant qu’historien, avec des livres marquants dans leur bibliographie respective. Ils sont aussi engagés, à travers des articles et des tribunes, dans le débat public autour des « questions qui fâchent » et qui entretiennent les fureurs politico-culturelles de l’heure, avec des dérives multiples (sur Internet et sur des chaînes de télévision privées, en particulier), à propos de l’immigration, de l’islam, de l’identité, des minorités, du racisme et des violences policières. La thèse générale de l’ouvrage est connue : la race et, au-delà, tout l’« identitaire » ont remplacé la classe, à la fois comme constructions étudiées par les sciences sociales et dans la conscience et l’expérience vécue des acteurs. Si cet énoncé est vrai, il éclaire certains aspects du terrain social et du débat politique actuels, mais on comprend qu’il ait suscité l’émoi, voire les réactions violentes des chercheurs en sciences sociales concernés et accusés d’avoir contribué à la promotion et au soutien des identités.

Le livre comporte trois grandes parties et huit chapitres, les trois premiers par G. Noiriel et les trois derniers par S. Beaud, les deux du milieu étant écrits en commun. Cette d

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Agone, 2021
432 p. 22 €

Jean-Louis Schlegel

Philosophe, éditeur, sociologue des religions et traducteur, Jean-Louis Schlegel est particulièrement intéressé par les recompositions du religieux, et singulièrement de l'Eglise catholique, dans la société contemporaine. Cet intérêt concerne tous les niveaux d’intelligibilité : évolution des pratiques, de la culture, des institutions, des pouvoirs et des « puissances », du rôle et de la place du…

Dans le même numéro

Nos attentes à l’égard de la littérature ont changé. Autant qu’une expérience esthétique, nous y cherchons aujourd’hui des ressources pour comprendre le monde contemporain, voire le transformer. En témoigne l’importance prise par les enjeux d’écologie, de féminisme ou de dénonciation des inégalités dans la littérature de ce début du XXIe siècle, qui prend des formes renouvelées : le « roman à thèse » laisse volontiers place à une littérature de témoignage ou d’enquête. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Alexandre Gefen, explore cette réarticulation de la littérature avec les questions morales et politiques, qui interroge à la fois le statut de l’écrivain aujourd’hui, les frontières de la littérature, la manière dont nous en jugeons et ce que nous en attendons. Avec des textes de Felwine Sarr, Gisèle Sapiro, Jean-Claude Pinson, Alice Zeniter, François Bon.