Notes de lecture

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Camus, des pays de liberté de Vincent Duclert

juil./août 2020

Albert Camus (1913-1960) a uni l’extrême beauté de l’écriture à l’immense fermeté de la pensée. Le lire ou le relire, c’est apprendre à écrire, trouver le mot juste. Mais sa mort si brutale n’est pas seulement la mort d’un écrivain de génie. Elle est aussi celle du possible qu’il a représenté, comme le souligne Vincent Duclert dans une biographie intellectuelle et politique dont le sous-titre « Des pays de liberté » dit l’originalité. Duclert ne cherche pas simplement à raconter la vie de Camus, même s’il le fait fort bien dans le premier chapitre, où il décrit son héritage après sa mort, lorsque ses écrits manifestent sa présence dans l’absence. Un renversement s’opère alors. Critiqué, rejeté, stigmatisé de son vivant et même après sa mort (par Sartre, Simone de Beauvoir et, en 1976 encore, par Bourdieu), Camus est maintenant abondamment cité. Beaucoup de lycéens liront au moins l’une de ses œuvres (et récemment on a rappelé que La Peste était le roman le plus lu dans le monde). Les professeurs de lettres et de philosophie aiment l’enseigner. Mais dès lors, ne risque-t-on pas de faire de l’écrivain-philosophe une icô

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Stock, 2020
380 p. 22 €

Jean-Marie Glé

Jésuite et théologien, il contribue à la revue Esprit depuis 2000.

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Ce dossier coordonné par Jean Godefroy Bidima et Antoine Garapon fait entendre les voix multiples de l’Afrique. Depuis leur perspective propre, ces voix africaines débordent la question postcoloniale et invitent au dialogue ; elles participent à la construction d'une commune humanité autour d’un projet de respect de la vie. À lire aussi dans ce numéro double : la participation dans le travail social, les analogies historiques de la pandémie, les gestes barrières face aux catastrophes écologiques, l’antiracisme aux États-Unis et l’esprit européen de Stefan Zweig.