Brouillons de Georg Christoph Lichtenberg
Les Brouillons révèlent un esprit en constant état de veille, un homme toujours penché sur les choses du monde, ses états d’âme, ses rêves, objets de descriptions précises ou d’examens sans concession, non sans une tournure humoristique.
La version intégrale des Brouillons de Lichtenberg, richement annotée par son traducteur Étienne Barilier, est composée de réflexions, d’observations scientifiques voire de mesures astronomiques et des lectures de Kant et de Lavater, d’annotations sur de multiples événements quotidiens. Les Brouillons révèlent un esprit en constant état de veille, un homme toujours penché sur les choses du monde, ses états d’âme, ses rêves, objets de descriptions précises ou d’examens sans concession, non sans une tournure humoristique. La question du suicide habite ce long corpus. Elle est l’occasion de nombreuses évocations d’une fin de vie souhaitée. Mais ici sa pensée et son humour l’orientent différemment. Pour preuve : « Si tu trouves quelque jour le suicide supportable, toutes tes raisons ne suffisent pas à t’en dissuader, mais il est aussi permis de t’en passer. » C’est une fin ou une ouverture, non seulement pour s’émanciper de la morale dominante, mais aussi pour se distinguer de la forme passionnelle du suicide à la mode lors des Souffrances du jeune Werther de Goethe et du désir de la mort exprimé dans les Hymnes à la nuit par Novalis. Infatigable diablotin, Lichtenberg nous réveille et oblige à nous interroger autrement.