Notes de lecture

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Ruines bien rangées d’Hélène Cixous

janv./févr. 2021

« Les Ruines » est un espace rasé, situé entre deux élégantes demeures dans le plus beau et le plus riche quartier d’Osnabrück (Basse-Saxe), en plein centre-ville. Le lieu est situé rue de la Vieille-Synagogue ou encore rue des Sorcières, celles qui passaient là avant d’être brûlées. « On passe devant sans les voir. » Y sont rangées des pierres de la synagogue détruite par le IIIe Reich. Ce fut l’endroit de persécution jadis des sorcières et plus près de nous des Juifs. Il devient pour Hélène Cixous – et ce, à l’ombre de sa famille allemande issue de cette ville – l’espace de ses revenants comme ceux de l’histoire. Et l’auteure corrige une mémoire de l’Occident médiéval et contemporain en un récit transhistorique, revenant à des ombres féminines des temps reculés que la cité extermina. Fondée en 783 par Charlemagne, Osnabrück est l’endroit où fut signé en 1648 le traité de Westphalie pour mettre fin à la guerre de Trente Ans, qui laissa des millions de fantômes. Non seulement au viiie siècle, mais – via des pogroms – au xx

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Gallimard, 2020
160 p. 15 €

Jean-Paul Gavard-Perret

Docteur en littérature,  poète, critique littéraire et critique d'art contemporain il enseigne la communication à l’Université de Savoie à Chambéry. Il est membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création, 

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Les femmes sont au cœur de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Au-delà de la vague #MeToo et de la dénonciation des violences sexuelles, elles étaient nombreuses en tête de cortège dans le soulèvement algérien du Hirak en 2019 ou dans les manifestations contre le président Loukachenko en Biélorussie en 2020. En France, leur présence a été remarquée parmi les Gilets jaunes et dans la mobilisation contre le dernier projet de réforme des retraites. Dans leur diversité, les mouvements de femmes témoignent d’une visibilité et d’une prise de parole accrues des femmes dans l’espace public, de leur participation pleine et entière aux débats sur l’avenir de la cité. À ce titre, ils consacrent l’existence d’un « sujet politique féminin ».