Sur la peinture. Cours, mars-juin 1981 de Gilles Deleuze

Édition de David Lapoujade


Dans ces huit cours du début des années 1980, Gilles Deleuze définit l’ouverture paradoxale de la peinture, qui donne accès à un envers du monde, à une région de la dissemblance. À travers les espaces égyptien et grec, des textes de Rousseau ou de Klee et en passant par les œuvres de Caravage, Cézanne, Van Gogh, Michel-Ange, Delacroix, Gauguin, Turner, Pollock, Mondrian, Bacon, il convoque les concepts de « diagramme, code, digital et analogique, modulation » pour bouleverser la compréhension de l’activité créatrice en arts plastiques.

Deleuze envisage aussi le rapport que la peinture entretient à la catastrophe, qui demeure au plus profond de l’acte de peindre, même lorsqu’elle n’y est pas représentée. « Les poteries de Cézanne, ce n’est pas une catastrophe, il n’y a pas un tremblement de terre. Dans les verres de Rembrandt, il n’y a pas une catastrophe. » Néanmoins, c’est elle qui affecte l’acte de peindre. En effet, si un tableau est une « composition », il est aussi une désagrégation, « le point de chute, un verre dont on dirait qu’il va se renverser, un rideau dont on dirait qu’il va retomber ». Tel est le paradoxe qui court en ces huit séances, qui ne cessent d’interroger la peinture comme principe de déséquilibre généralisé.

Minuit, 2023
352 p. 26 €