Notes de lecture

Dans le même numéro

Le Loup dans la bergerie, de Jean-Claude Michéa

Jean-Claude Michéa a commencé sa carrière médiatique par des satires de l’esprit « libéral-libertaire » qui avaient quelque chose de salutaire. Au fil de ses livres répétitifs, la satire s’est fondue en morgue. Son dernier ouvrage semble écrit par un inquisiteur haineux, qui fait son propre portrait lorsqu’il dénonce ces intellectuels qui veulent tenir «le fouet» et remplacent les règles du débat par les techniques de l’intimidation.

Sa thèse centrale, celle de la solidarité intime du capitalisme et des droits de l’homme, n’a rien de neuf. Elle a été formulée de manière plus incisive par Deleuze ou Althusser, auteurs que Michéa vomit. La seule « originalité » de Michéa est de plonger la critique marxienne, qui a ses forces et ses apories, dans une confusion inextricable. Il identifie les défenseurs des droits de l’homme aux seuls libéraux (comme si Babeuf avait été un libéral), le libéralisme au néo­libéralisme (comme si Tocqueville avait été un intégriste du marché), et le néo­libéralisme à une politique de la lutte contre les discriminations – comme si le néolib&eacut

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Climats, 2018
166 p. 17 €

Jean-Yves Pranchère

Ancien élève de l'École Normale Supérieure, Jean-Yves Pranchère est membre du Centre de Théorie Politique de l'Université libre de Bruxelles, où il enseigne. Il est l'auteur de Le Procès des droits de l'Homme (Seuil, 2016) avec Justine Lacroix.

Dans le même numéro

Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.