Notes de lecture

Dans le même numéro

Vaincre nos peurs et tendre la main. Mobilisons-nous pour les exclus, de Guillaume le Blanc

juil./août 2018

#Divers

Ce manifeste citoyen appelle de ses vœux la formation d’une société «qui refuse d’être acculée à ses peurs» dans un contexte de régression massive des acquis sociaux et de recrudescence de la xénophobie. Il invite chacun à inventer un véritable « mai 2018 », irréductible à la célébration du cinquantenaire du regretté Mai 68. Le nouvel humanisme ne peut se parer que de nostalgie quand, sous couvert d’une situation exceptionnelle, les luttes passées (l’inconditionnalité de ­l’accueil promulguée en 1956, les slogans de Mai 68, la circulaire de mai 1985 relative au droit au travail pour les demandeurs d’asile, l’esprit de la chute du Mur) sont peu ou prou mises entre parenthèses. La crise migratoire et la menace terroriste servent de prétexte au retour des frontières et à la création de murs qui remplacent les ponts promis. Cet «état d’urgence» présumé justifie une politique ­d’enregistrement – dans les hotspots –, de détention et d’«encampement» (Michel Agier), de tri des bons et des mauvais pauvres, d’exclusion et d’expulsion. La violence policière accompagne le discours sur une migration «patho­logique», confisqué par le ministère de l’Intérieur et légitimé par «l’extrémisation des esprits». Les réflexions de Michel Foucault sur «l’illégalisme» et «l’archipel carcéral» – au lieu de «l’archipel hospitalier» qui s’impose – trouvent leur illustration dans la politique migratoire de Gérard Collomb. Dès lors, Guillaume le Blanc convoque Kant et son impératif catégorique pour défendre une politique pragmatique de la main tendue (réquisitions des lieux abandonnés, revalorisation de la ville-refuge, extension du droit d’asile et prise en charge des mineurs) qui se défend admirablement face aux accusations d’angélisme.

 

Flammarion , 2018
112 p. 8 €

Margaux Cassan

Dans le même numéro

Assistons-nous au triomphe de la xénophobie ? Les exilés ne sont plus les bienvenus dans notre monde de murs et de camps. Pourtant, certains font preuve de courage et organisent une contre-politique hospitalière. Ce dossier estival, coordonné par Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc, invite à ouvrir le secours humanitaire sur un accueil institutionnel digne et une appartenance citoyenne réinventée.