Notes de lecture

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Technopopulism: The New Logic of Democratic Politics de Christopher J. Bickerton et Carlo Invernizzi Accetti

juil./août 2021

Dans leur dernier ouvrage, Christopher Bickerton, professeur à l’université de Cambridge et Carlo Invernizzi Accetti, professeur associé à la City University de New York, tentent de saisir une partie du malaise démocratique contemporain à travers la notion de « techno-populisme ».

En effet, l’un des intérêts de leur livre est de ne pas opposer technocratie et populisme comme ont pu le faire souvent d’autres auteurs, soulignant que l’un était la réponse à l’autre. Ils définissent plutôt le techno-populisme comme la combinaison de l’idée qu’il y aurait un seul peuple, compris comme un bloc, et de l’idée qu’il aurait une vérité technocratique appuyée sur la science et les données.

Ainsi, des équipes de technocrates pourraient faire appel directement au peuple pour réduire la politique à des questions concrètes. Cette irruption du techno-populisme, qui propose des solutions techniques aux problèmes identifiés, en prétendant « ne pas faire d’idéologie » et être au service du peuple, ne veut pas dire que l’organisation de la politique autour de clivages idéologiques disparaisse. Dans certains cas, ces deux modalités s’excluent (par rejet de la classe politique traditionnelle) et dans d’autres, elles se combinent, quand des partis existants se convertissent à la logique techno-populiste.

Au cœur de cette modalité techno-populiste de la politique, on trouve la fin des mécanismes d’intermédiation, que ce soit les corps intermédiaires en général ou dans les part

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Oxford University Press, 2021
256 p. 75 €

Philippe Perchoc

Coordinateur du dialogue du Parlement européen avec les organisations religieuses et philosophiques. Il enseigne les questions européennes au Collège d'Europe et à l'Université Catholique de Louvain.

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Nos attentes à l’égard de la littérature ont changé. Autant qu’une expérience esthétique, nous y cherchons aujourd’hui des ressources pour comprendre le monde contemporain, voire le transformer. En témoigne l’importance prise par les enjeux d’écologie, de féminisme ou de dénonciation des inégalités dans la littérature de ce début du XXIe siècle, qui prend des formes renouvelées : le « roman à thèse » laisse volontiers place à une littérature de témoignage ou d’enquête. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Alexandre Gefen, explore cette réarticulation de la littérature avec les questions morales et politiques, qui interroge à la fois le statut de l’écrivain aujourd’hui, les frontières de la littérature, la manière dont nous en jugeons et ce que nous en attendons. Avec des textes de Felwine Sarr, Gisèle Sapiro, Jean-Claude Pinson, Alice Zeniter, François Bon.