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Louis Joinet (1934-2019)

De l’éducateur de rue au gardien de nos libertés individuelles

novembre 2019

Louis Joinet a donné son nom aux principes de la doctrine promulguée par l’Organisation des Nations unies pour combattre l’impunité dans les violations des droits de l’homme.

Co-fondateur du Syndicat de la magistrature, Louis Joinet est décédé le 22 septembre 2019 au terme d’un parcours exemplaire de magistrat « épris de justice » ainsi qu’il aimait à se présenter[1]. Déjà, très jeune à la Libération, il est choqué par une « justice populaire » qui, sans autre forme de procès, tond les femmes « coupables » de s’être liées à des soldats allemands.

Son bac en poche, il monte à Paris en 1952 et y découvre une affichette intitulée « Éducateur de rue, pourquoi pas ? ». Ainsi, il rejoint l’expérimentation organisée par Hubert Flavigny, un psychiatre qui souhaite refonder l’approche socio-éducative de la jeunesse délinquante des « blousons noirs ». Devenu éducateur, il n’hésite pas à héberger certains d’entre eux à son domicile pour mieux comprendre le parcours de ces jeunes délinquants et les extraire de leur apprentissage urbain de la violence.

En 1959, les « événements d’Algérie » rattrapent Louis Joinet qui, désormais instituteur, suit une formation d’officier de réserve à Cherchell, ville côtière à l’ouest d’Alger. En tirant par réflexe lors d’un exercice d’embuscade organisé de nuit, Louis Joinet tue un homme qui se révélera un militant du Front de libération nationale algérien. La femme de Louis Joinet, Germaine, est médecin à l’hôpital de Philippeville où il lui arrive de soigner des victimes torturées par ingestion de lessive. Ce drame personnel et ces horreurs le marqueront à vie, renforçant

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Dominique Desbois

Ingénieur d'études à l'Inra, en charge du programme PAUSE pour l'accueil des scientifiques exilés à la CFDT-Inra.