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Vedran Smailović jouant dans la Bibliothèque nationale partiellement détruite de Sarajevo en 1992 | Wikimédia
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De la paix de Dayton à l’après-Dayton

Vingt-cinq ans après la signature des accords de Dayton, la Bosnie-Herzégovine peine à tourner la page de la guerre. L'échafaudage institutionnel a figé le pays dans ses divisions ethno-religieuses, tandis que le travail de la justice pénale internationale reste inachevé. Seule la perspective d'une adhésion à l'Union européenne pourrait remettre le pays sur la voie d'une paix durable.

Il y a vingt-cinq ans, le temps d’une génération, les trois leaders ex-yougoslaves Slobodan Milosevic, président d’une Serbie qui se nommait encore République fédérale de Yougoslavie, Franjo Tudjman, président de la République de Croatie et Alija Izetbegovic, président de Bosnie-Herzégovine passaient vingt jours sur la base militaire de Dayton, dans l’Ohio. Sous la férule de la diplomatie américaine, ils étaient venus négocier les accords qui mettraient fin à la guerre. L’accord sera ratifié à Paris en janvier 1996 sous l’égide des États-Unis et de l’Union européenne.

Novembre 1995, les accords de Dayton

Les accords de Dayton, réalisation incontestable de la diplomatie américaine malgré une ratification parisienne1, s’articulaient autour de deux volets, l’un civil, l’autre militaire, et de trois grands principes : premièrement, la division de la Bosnie-Herzégovine en deux entités, la Fédération de Bosnie-Herzégovine (elle-même de facto subdivisée en deux, Bosnie musulmane et Herzégovine croate) et la République serbe ; deuxièmement, une présidence collégiale pour la Bosnie-Herzégovine actant un principe de triumvirat serbe, croate et musulman ; troisièmement, le maintien d’une autorité supérieure en la personne d’un Haut représentant de la communauté internationale.

Il est peu probable que les négociateurs de Dayton aient imaginé que ce dispositif institutionnel baroque tiendra

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François Crémieux

Directeur général adjoint de l'AP-HP, il est proche de la revue Esprit depuis son engagement dans les Balkans dans les années 1990, et membre de son comité de rédaction. Spécialiste des politiques de santé et de l'économie de la santé, il s'intéresse également aux questions d'éthique, et au cinéma. Il est l'auteur de Paris-Bichac (Michalon, 1995).…

Joël Hubrecht

Membre du comité de rédaction d'Esprit. Responsable de Programme (Justice pénale internationale / Justice transitionnelle) à l'Institut des hautes études sur la justice (IHEJ). Membre du Comité Syrie-Europe après Alep. Enseigner l'histoire et la prévention des génocides: peut-on prévenir les crimes contre l'humanité ? (Hachette, 2009). …