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Deux cœurs dans Cold War de Pawel Pawlikowski

février 2019

« Jamais les deux amants ne se laissent enfermer dans des schémas rythmiques figés, qu’ils prennent sans cesse à contrepied pour aller voir ailleurs, parfois au risque de se perdre de vue. "Je t’aime à la folie, mais je dois aller vomir", lâche Zula à Wiktor avant de fuir loin de la scène. »

Une cadence diabolique traverse le dernier film de Pawel Pawlikowski, sorte de « je t’aime… moi non plus » décennal, où les personnages joueraient alternativement le rôle de Jane Birkin et Serge Gainsbourg, habillés tantôt par le glissando du pianiste de jazz, tantôt par le cahotement des ensembles musicaux villageois.

D’emblée, la trame nous confronte aux paysages enneigés de l’hiver polonais, à ce scintillant noir et blanc qui a fait le succès du glacial Ida (2013). Mais, contrairement à son prédécesseur, Cold War fait monter la température au rythme des accordéons et au son du suka, que viennent observer, micro tendu, Wiktor et Irena. Nous sommes en 1949, et les autorités soviétiques de Varsovie, désireuses de promouvoir le patrimoine national, les ont chargés de battre la campagne afin de mener un travail ethnographique d’enregistrement des musiques, chants et danses folkloriques ; puis de monter un spectacle pour les propager à travers le bloc soviétique.

Aux auditions qu’ils organisent déboule, les mains dans les poches, une jeune fille prénommée Zula : elle convainc une autre candidate de s’allier pour exécuter un chant polyphonique montagnard, et finit par imposer seule son rythme au jury, q

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