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Dave Heath. Autoportrait d’une solitude

Ce n’est pas d’abord la guerre et ses drames que photographie Dave Heath, mais ce qu’elle révèle ou creuse chez les êtres humains.

Dave Heath (1931-2016) ne s’est jamais remis d’avoir été abandonné à l’âge de quatre ans par ses parents, et finalement placé dans un orphelinat. C’est là qu’il a découvert la photographie, dans le laboratoire créé par un cinéaste dénommé Heininger, qui y avait vécu avant lui. Heininger lui offrit son premier appareil photo. Mais le choc qui fit de lui un photographe, ce fut la découverte de Bad Boy’s Story, un reportage de Ralph Crane publié le 12 mai 1947 dans Life. Le sous-titre était en lui-même tout un programme dans lequel Heath s’est projeté : Un enfant tourmenté apprend à vivre en paix avec le monde. La photographie pouvait non seulement exprimer ce qu’il ressentait, qui il était, mais plus encore le sauver. Ce qu’il exprimera plus tard, dans un entretien avec Michael Torosian : « Le fait de n’avoir jamais eu de famille, de lieu ou d’histoire qui me définisse a fait naître en moi le besoin de réintégrer la communauté des hommes. J’y suis parvenu en inventant une forme poétique et en rassemblant les membres de cette communauté, au moins symboliquement, par cette forme. »

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