Bertel Thorvaldsen, Ganymède avec l'aigle de Jupiter (1817)
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Présidentialisme et corps intermédiaires

Le présidentialisme à la française est en passe de devenir une fabrique de la défiance.

Le Grand débat national est révélateur d’une certaine manière de faire de la politique. Il apparaît comme le symptôme d’un présidentialisme vertical qui cherche à anéantir les corps intermédiaires et autres contre-pouvoirs comme autant d’obstacles à la libéralisation et de freins au réformisme. L’hypothèse ici soutenue consiste à expliquer la crise actuelle, et le débat public qui en découle, à travers la conjonction de plusieurs facteurs institutionnels. Si le présidentialisme n’est pas une nouveauté de l’actuel quinquennat, la manière de l’imposer est plus radicale en raison d’une déconstruction assez profonde des corps intermédiaires et des contre-pouvoirs.

D’une part, le présidentialisme, depuis son application « jupitérienne », repose sur le leurre bien entretenu d’une relation immédiate entre volontés présidentielle et populaire, ce qui contribue à enfermer la contestation dans un vis-à-vis face au politique. La conjoncture a renforcé la fonction de leader grâce à une majorité confortable de députés à l’Assemblée nationale, suffisamment inexpérimentés et dociles. La manière d’exer

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