Grâce à Dieu de François Ozon © Jean-Claude Moireau
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Grâce à Dieu, de François Ozon

C’est la souffrance universelle des victimes d’abus sexuels par des prêtres que raconte Grâce à Dieu.

Dans les années 1980, une troupe de louveteaux, nés dans de bonnes familles catholiques de Lyon, a pour aumônier l’abbé Bernard Preynat. Lors des sorties et des veillées, ce prêtre a la mauvaise habitude de choisir un des garçons pour se livrer sur lui à des attouchements sexuels. Pendant une vingtaine d’années voire plus, ce sera le silence et même l’oubli – d’autant plus que les garçons qui ont tenté d’alerter leurs parents ont été priés de se taire : même si elles ont une part de vérité, ces choses ne se disent pas d’un prêtre et, de toute façon, quelle importance ? À cet âge, on oublie ces petits aléas de la maturation sexuelle, n’est-ce pas ? Jusqu’à ce que l’un des scouts, devenu cadre bancaire, marié et père de cinq enfants, catholique fervent et pratiquant dans une paroisse de Lyon, s’aperçoive avec stupeur, dans les années 2010, non seulement que Preynat est toujours prêtre à Lyon, mais qu’il exerce une activité qui le met directement au contact d’enfants. Et cela lui est insupportable.

Le film de François Ozon démarre exactement à ce moment-là, à partir de cette rencontre fortuite d’un scout des années 1980, pr&

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Jean-Louis Schlegel

Philosophe, éditeur, sociologue des religions et traducteur, Jean-Louis Schlegel est particulièrement intéressé par les recompositions du religieux, et singulièrement de l'Eglise catholique, dans la société contemporaine. Cet intérêt concerne tous les niveaux d’intelligibilité : évolution des pratiques, de la culture, des institutions, des pouvoirs et des « puissances », du rôle...