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Se souvenir de Claude Lanzmann

Ma génération, celle née dans les années 1990, n’a pas connu Shoah (1985) au cinéma. Nous pûmes certes le découvrir à la télévision, sur Internet (la terrible scène où Lanzmann fait reconstituer à Abraham Bomba, dans un véritable salon de coiffure, son expérience de «coiffeur» pour les femmes devant être gazées à ­Treblinka, la méticuleuse explication de Raul Hilberg sur la machinerie administrative de la déportation ou le témoignage ému de Jan Karski sont visibles sur Youtube), ou même «lire le film» dans son édition imprimée[1]. Mais cette disponibilité fragmentaire transforma Shoah en «grand ensemble», consultable par parties, plutôt qu’en «choc unique» tel que celui ressenti par les spectateurs lors de ses premières projections.

De plus, lors de notre apprentissage cinéphile, Lanzmann rajouta des strates à son grand-œuvre, la plus importante étant Le Dernier des Injustes (2013), son film le plus ambigu et sans doute le p

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Louis Andrieu

Etudiant à Sciences-Po Paris, cinéphile, il écrit sur le cinéma, les contenus audiovisuel et les images dans la Revue Esprit depuis 2013.

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Dans un dossier sur « Le soulèvement algérien », coordonné par Hamit Bozarslan et Lucile Schmid, Esprit salue un mouvement non violent de revendication démocratique qui vise à en terminer avec un régime autoritaire et corrompu. Le souci de dignité permet aux Algériens de renouer avec leur conscience historique. À lire aussi dans ce numéro : un entretien avec Karol Modzelewski, un hommage à Pierre Hassner et une philosophie de l’événement.