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Se souvenir de Claude Lanzmann

Ma génération, celle née dans les années 1990, n’a pas connu Shoah (1985) au cinéma. Nous pûmes certes le découvrir à la télévision, sur Internet (la terrible scène où Lanzmann fait reconstituer à Abraham Bomba, dans un véritable salon de coiffure, son expérience de « coiffeur » pour les femmes devant être gazées à ­Treblinka, la méticuleuse explication de Raul Hilberg sur la machinerie administrative de la déportation ou le témoignage ému de Jan Karski sont visibles sur Youtube), ou même « lire le film » dans son édition imprimée[1]. Mais cette disponibilité fragmentaire transforma Shoah en « grand ensemble », consultable par parties, plutôt qu’en « choc unique » tel que celui ressenti par les spectateurs lors de ses premières projections.

De plus, lors de notre apprentissage cinéphile, Lanzmann rajouta des strates à son grand-œuvre, la plus importante étant Le Dernier des Injustes (2013), son film le plus ambigu et sans doute le plus important après Shoah. Il réédita en poche le texte de son documentaire-­entretien Un vivant qui passe (1997) avec Maurice Rossel, délégué de la Croix-Rouge ayant visité Auschwitz et Theresienstadt[2]. Il monta ensemble quatre témoig

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Louis Andrieu

Cinéphile, il écrit sur le cinéma, les contenus audiovisuel et les images dans la Revue Esprit depuis 2013.

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Dans un dossier sur « Le soulèvement algérien », coordonné par Hamit Bozarslan et Lucile Schmid, Esprit salue un mouvement non violent de revendication démocratique qui vise à en terminer avec un régime autoritaire et corrompu. Le souci de dignité permet aux Algériens de renouer avec leur conscience historique. À lire aussi dans ce numéro : un entretien avec Karol Modzelewski, un hommage à Pierre Hassner et une philosophie de l’événement.