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Nikita Mikhalkov en 2010, au Karlovy Vary International Film Festival. Photo : Petr Novák, Wikipedia
Nikita Mikhalkov en 2010, au Karlovy Vary International Film Festival. Photo : Petr Novák, Wikipedia
Flux d'actualités

Nikita Mikhalkov, le cinéaste devenu propagandiste

mai 2022

Désavoué par sa profession, le réalisateur russe Nikita Mikhalkov s'est fait depuis plusieurs années le relai de la propagande du Kremlin. Son dernier film présente une apologie de la guerre imposée à l'Ukraine par Vladimir Poutine, dans un concert d'approximations, de mensonges et de raisonnements fallacieux.

On connaît en France Nikita Mikhalkov grâce aux films qu’il a réalisés avant la perestroïka. Avec Partition inachevée pour piano mécanique, réalisé en 1977, il propose une adaptation désenchantée de la pièce de jeunesse d’Anton Tchékhov, Platonov. L’écrivain russe avait rédigé ce texte à dix-huit ans et l’avait initialement intitulé « Sans père ». Nikita Mikhalkov, cet enfant de la guerre, est lui-même né en 1945 à Moscou, au sein d’une famille célèbre de l’élite soviétique. Son père à lui, Sergeï Mikhalkov, avait été l’auteur des paroles de l’hymne soviétique sous Staline. Nikita s’est manifestement identifié à son héros1. Dans une interview, il explique que, chez Tchékhov, « il n’y a qu’un seul personnage, un homme dans lequel tout fusionne dans l’unité de ses contradictions et qui écrivait : “Il n’y a ni anges, ni démons.” Et c’est cela qui nous intéresse2 ». Platonov apparaît dans ce film comme joyeux et spontané, alors qu’en réalité il est manipulateur et cynique. Par la suite, Mikhalkov cultive cette interprétation de l’œuvre de Tchékhov dans des productions telles que Cinq Soirées (1979), La Parentèle (1981) et Les Yeux noirs (1987).

Comment devient-on propagandiste de l’empire russe ?

Avec Urga, sorti en 1991 l’année de la chute de l’URSS, Mikhalkov

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Antoine Arjakovsky

Historien et directeur de recherche au Collège des Bernardins, il a notamment dirigé une Histoire de la conscience européenne (Salvator, 2017). Il est également l'auteur de Pour une démocratie personnaliste (Collège des Bernardins, 2013).