Shrek 2 de Andrew Adamson, Conrad Vernon et Kelly Asbury (2004)
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Quand les monstres cessent de faire peur

novembre 2019

L’émergence du monstre amical au cinéma accompagne un modèle de société qui substitue aux vertus de l’autonomie celles de la singularité.

Que l’on songe au premier King Kong ou à Frankenstein, le monstre de cinéma pouvait être effrayant mais aussi émouvant, troublant voire séducteur[1]. Le voilà aujourd’hui devenu amical. Qu’il s’agisse du vilain de pacotille de Despicable Me (Renaud et Coffin, 2010) et de son armée de Minions, de la sorcière de Maleficent (Stromberg, 2014) ainsi que des créatures qui peuplent son royaume, de l’Hellboy de Guillermo del Toro (2004) ou du zombie amoureux de Warm Bodies (Levine, 2013), le monstre n’est pas décrit comme un ennemi ou une aberration, mais comme un être unique, extraordinaire mais vulnérable, souvent doté de capacités exceptionnelles, en butte aux persécutions d’une masse intolérante. Tandis que la part monstrueuse des super-héros est soulignée – le cas des X-Men est exemplaire à cet égard – la part héroïque du monstre devient un ressort scénaristique privilégié. La mise en scène d’un monstre sensible et beau n’est pas neuve, en témoigne La Belle et la Bête. L’idée que le monstre puisse être sympathique et moral est toutefois plus récente. Ce n’est plus le Prince Charmant ma

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