Photo : Axel Eres
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La santé du convalescent

Les réponses politiques à l’épidémie consacrent l’effacement du public au profit du privé. Mais elles révèlent une fragilité de l’humain qui pourrait conduire à une nouvelle citoyenneté.

« Il existe d’innombrables santés de la chair. »
Nietzsche, Le Gai Savoir

L’épidémie de Covid-19 implique des risques de dérives autoritaires indéniables. Le confinement, l’ensemble des mesures de prévention, mais aussi le développement du télétravail donnent lieu à des transformations rapides des sujets soumis à la loi ainsi que de la façon dont la loi s’impose à eux et s’immisce dans leur vie privée. Au Chili par exemple, où le confinement a duré six mois, les supermarchés sont gardés par des agents qui prennent la température des clients et contrôlent les autorisations de sortie. Sur nos lieux de travail, nous recevons déjà de nouveaux protocoles qui nous obligent à obéir à la loi d’une façon nouvelle et nous demandent aussi d’en être de nouveaux gardiens. Nous sommes alors formés afin de prévenir ou dénoncer les « nouveaux délits ». Quelle expérience du commun pourrait nous permettre de penser le politique par-delà ses formes autoritaires ?

Depuis le début de l’épidémie, on a fait du coronavirus un ennemi invisible et inconnu. En ce sens, le virus justifie toutes les mesures de

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Aïcha Liviana Messina

Professeure de philosophie à l’université Diego Portales au Chili, auteure de Poser me va si bien (P.O.L, 2005), Amour/Argent (Les éditions du Portiques, 2011), L’anarchie de la paix (Cnrs, à paraître en novembe 2018).

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La crise sanitaire provoquée par l’épidémie de Covid-19 donne de la vigueur aux critiques de la démocratie. Alors que certains déplorent l’inertie de la loi et que d’autres remettent en cause les revendications sociales, le dossier, coordonné par Michaël Fœssel, répond en défendant la coopération, la confiance et la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les régimes d’historicité, le dernier respirateur, le populisme américain et l’œuvre de Patrick Modiano.