Alice Ferney - Wikimedia
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Le romancier contemporain face à la question sociale. Entretien avec Alice Ferney

Propos recueillis par Anne Dujin

Comment les romanciers contemporains abordent-ils la « question sociale », qui a tant marqué la littérature du xixe siècle ? En tant que romancière, qu’est-ce qui vous paraît avoir changé en la matière ?

Une remarque préalable : l’entrée de la « question sociale » dans la littérature est une conquête sociale. Écrire comme lire, ces deux activités qui réclament disponibilité et tranquillité, ont longtemps été réservées à des privilégiés, à des citoyens que le travail n’avait pas épuisés, qui disposaient de temps libre, de sécurité et d’instruction. Flaubert fut le modèle de l’écrivain-rentier, comme après lui Gide, Martin-du-Gard, Proust, plus près de nous Claude Simon. Faut-il rappeler qu’à ceux de la Nrf, Zola paraissait affreusement «vulgaire» ? Tous furent dispensés de «travailler pour gagner le pain qu’ils mangent». Pour le critique irlandais Cyril Connolly, cette faveur du sort expliquait le style mandarin, la langue littéraire

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