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L'État entre effacement et réaffirmation. Introduction

Depuis 1945, le nombre d’États reconnus aux Nations unies est passé de 72 à 197. Cet accroissement numérique, qui s’explique par les mouvements de décolonisation et l’éclatement d’ensembles fédéraux (comme l’Union soviétique), suffit à rappeler que la constitution d’une souveraineté étatique aimante toujours les passions nationales. Pourtant, ce succès apparent de l’État cache aussi une érosion, voire une décomposition, de la capacité des pays à construire une puissance publique légitime et efficace. On voit en Amérique latine des « États captifs » de la puissance des cartels de la drogue1 ; on voit, par exemple dans la crise du Sahel, des États évanescents qui, minés par la faiblesse politique, les litiges territoriaux et le terrorisme déterritorialisé, menacent de s’effondrer2 ; on voit, dans le voisinage des États forts, comme la Russie, des pays dont la souveraineté est soumise au chantage économique3. Les « révolutions arabes » témoignent de la difficulté, en Tunisie ou en Égypte, à reconstruire, au-delà des mobilisations démocratiques, un bien commun qui porte remède à la corruption et à la privatisation de l’État.

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Antoine Garapon

Magistrat, juge pour enfants, il a fondé l'Institut des Hautes Etudes sur la Justice (IHEJ), où il observe les mutations de la place du droit dans nos sociétés. il anime sur France culture une émission consacrée à la pensée juridique, "Le Bien commun". Il a développé sous le même nom une collection d'ouvrages, aux éditions Michalon, qui permettent de présenter des auteurs qui, sans être juristes,…

Marc-Olivier Padis

Directeur de la rédaction d'Esprit de 2013 à 2016, après avoir été successivement secrétaire de rédaction (1993-1999) puis rédacteur en chef de la revue (2000-2013). Ses études de Lettres l'ont rapidement conduit à s'intéresser au rapport des écrivains français au journalisme politique, en particulier pendant la Révolution française. La réflexion sur l'écriture et la prise de parole publique, sur…

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