© Françoise Metz
Dans le même numéro

Thierry Metz. Rapatrier l’homme

avril 2020

Toute l’acuité de ce recueil de l’impasse réside dans le maintien d’ouvertures qui disent la plasticité et la fragilité du réel. Qui disent aussi la possibilité de l’apaisement.

Difficile, concernant Thierry Metz, de faire abstraction de l’homme qu’il fut quand on le lit, tant son parcours fut à la fois singulier et tragique. Singulier, car il n’est pas si courant qu’un manœuvrier de chantier écrive des poèmes ; tragique, car le jour où Thierry Metz apprend que son premier recueil sera publié, son fils est renversé par une voiture. À partir de ce drame, survenu en 1988, son écriture ne cessera de s’apparenter à un réflexe de survie. L’Homme qui penche en est l’exemple le plus fort1. C’est un recueil entièrement rédigé dans l’urgence : celle de ne pas succomber à l’alcool ni à la dépression à la suite du drame. Il s’agit d’écrire pour contrecarrer l’attraction vers le bas. D’écrire, en somme, pour ne plus pencher. L’effort est colossal, et nécessite un déplacement.

Là-bas, il y a la tentation qui a la couleur du vin. Il y a les sirènes qui chantent, redoutablement bien, l’ivresse. Mais au poète, comme à Ulysse, font défaut les bouchons de cire de ses compagnons. Alors, pour «redevenir un homme d’eau et de thé», Thierry

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Blandine Merle

Agrégée de lettres modernes, Blandine Merle vit et enseigne à Paris. Elle est l'auteur d'un recueil de poèmes, Par obole (Cheyne, 2011) pour lequel elle a reçu le Prix de poésie de la vocation (Fondation Marcel Bleustein-Blanchet).

Dans le même numéro

Peut-on sortir de diagnostics rapides et univoques dès lors qu'il est question de populisme ? Si le mot est partout, sa définition et les jugements qu'il invite sont rarement mis en débat. En s'appliquant à redonner au populisme une profondeur historique, culturelle et théorique, ce dossier, coordonné par Arthur Borriello et Anton Jaëger, demande ce que ce phénomène révèle des dysfonctionnements de la démocratie. À lire aussi dans ce numéro : Notre-Dame dans la littérature, le rapport entre langage et vérité et les voyages d’Albert Camus.