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Le problème technique | Un retour à la vie simple ?

Mise à jour par une commission indépendante de scientifiques éminents, l’horloge de l’Apocalypse (Doomsday Clock) a la propriété d’avancer ou de reculer ses aiguilles en fonction des dangers nucléaires, technologiques et écologiques qui pèsent sur l’humanité. Depuis le 26 janvier 2017, elle indique 23 heures 57 minutes et 30 secondes et nous rapproche un peu plus de la fin du monde, fixée symboliquement à minuit. Apparue en juin 1947, en couverture du Bulletin of the Atomic Scientists que venaient de lancer des physiciens issus du projet Manhattan, elle n’en a jamais été aussi près, à l’exception de l’année 1953 qui avait vu la création de la bombe H. Nous étions alors à deux minutes de l’heure fatidique. Pourtant, il n’y a nulle découverte technique sur laquelle faire reposer la faute et le risque. Il n’y a que de folles déclarations, celles du président américain tout juste élu dont personne ne devrait souhaiter voir ses menaces de campagnes mises à exécution : sa réaffirmation de l’utilité des armes nucléaires, son intention de retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat signé en 2015, son choix de nommer, à la tête de l’Agence de protection de l’environnement (Epa), Scott Pruitt, qui jusqu’ici en avait été l’un des adversaires les plus acharnés.

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Camille Riquier

Maître de conférences en philosophie à l’Institut catholique de Paris, il a publié en 2017 Philosophie de Péguy ou les mémoires d’un imbécile aux PUF. Il est membre du Conseil de rédaction d’Esprit.

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Malgré ses prouesses, la technique présente des coûts humains, sociaux et écologiques démesurés. Grande pourvoyeuse de solutions, elle est devenue elle-même le problème, qui ne pourra être résolu de façon technique. C’est en effet de nous qu’il faut attendre un changement.