Portrait imaginaire du XIXe siècle, par H. Biberstein : Sade soumis aux quatre vents des suggestions diaboliques
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Le pouvoir de dire « je ». Les intellectuels, la politique et l'écriture.

La littérature permet d’aborder les questions philosophiques et politiques sans renoncer à l’affirmation de la subjectivité, qui se manifeste dans l’écriture. C’est ce qui a poussé Éric Marty à s’intéresser à Gide, Char ou Barthes, et à analyser, dans son livre Pourquoi le XXe siècle a-t-il pris Sade au sérieux ?, la manière dont les intellectuels des années 1970 (Klossowski, Bataille, Blanchot, Lacan, Deleuze, Barthes) ont abordé les œuvres de Sade, et ce que leurs relectures du « divin marquis » révèlent de leur vision du XXe siècle.

Les intellectuels, la politique et l’écriture

L’intérêt majeur du travail au long cours d’Éric Marty est de croiser au moins trois interrogations qu’il développe dans des écrits de nature distincte. Chronologiquement : une réflexion sur le rôle et la place de l’écrivain dont témoignent ses ouvrages sur André Gide, René Char et sa proximité ancienne avec Roland Barthes, puis une critique radicale du « maître à penser » (Althusser, Badiou en l’occurrence) qui ne consiste pas à accuser certains auteurs d’être les responsables des maux du xxe siècle (à commencer par Marx) comme ce fut le cas d’André Glucksmann dans les Maîtres penseurs. Ces deux points se recoupent, puisque la force de la littérature est de ne pas objectiver ce dont elle parle mais de l’exposer et d’en témoigner. Claude Lefort avait insisté sur cette dimension littéraire de la critique des pouvoirs : l’un de ses ouvrages, qui s’intitule Écrire. Un homme en trop, livre consacré à l’Archipel du Goulag de Soljenitsyne et aux zeks qu’on y enfermait, porte comme sous-titre : Essai d’investigation li

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Éric Marty

Écrivain, professeur de littérature française contemporaine à l’Université Paris VII - Diderot. Il est l'éditeur des œuvres complètes de Roland Barthes.

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