Saint-Hilaire-du-Trouvet, 1942 ©anonyme (collection privée)
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Littérature, philosophie et antiphilosophie chez Roland Barthes

août/sept. 2014

Si Barthes a pu écrire, à la fin de sa vie, « Jamais un philosophe ne fut mon guide », il n’en fut pas moins toujours conscient d’avoir sans cesse à se situer par rapport à la philosophie comme langage et comme discours, tout en refusant de s’identifier à la figure du philosophe.

Crise et restauration du discours philosophique

La séquence moderne (1950-1980) fut une période de crise intense du discours philosophique. Cette crise n’était sans doute pas exceptionnelle, mais elle eut cette singularité de se donner comme une crise positive, une crise heureuse et euphorique du logos. Ce qui avait été vécu au xixe siècle sur le mode de la solitude et de la dissidence – Kierkegaard, Nietzsche... précédés par Rousseau – fut expérimenté, dans une passion collective, sous la forme d’une insurrection globale de la pensée.

On ne peut assigner une origine unique à cette crise ni même en proposer un récit, tant elle s’est déployée sous des formes hétérogènes et contradictoires qui furent simultanément ou successivement ce que Jean-Claude Milner a appelé « le périple structural » et son cortège de sciences humaines – ethnologie, linguistique, sémiotique, psychanalyse… –, mais aussi tout le processus post-heideggérien de dépassement de la métaphysique ou de sa déconstruction, ce qui s’est joué au sein du marxisme et à ses

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Éric Marty

Écrivain, professeur de littérature française contemporaine à l’Université Paris VII - Diderot. Il est l'éditeur des œuvres complètes de Roland Barthes.

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