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À bas la sélection ! Misère de la critique

La critique de la sélection à l’entrée de l’université repose sur une vision misérabiliste des étudiants de milieu populaire et ne remet pas en question les inégalités au sein du système d’éducation.

Il existe sans doute mille bonnes raisons d’être hostile à Parcoursup et à la réforme du baccalauréat, comme il existe de solides raisons de protester contre les conditions de travail des professeurs, des enseignants-chercheurs et des étudiants… Le propos de ce texte n’est pas de participer aux débats sur le bien-fondé des réformes ; il n’est ni de les défendre ni de les contester, mais d’interroger les cadres de la critique de la sélection que ces réformes sont censées accentuer, tels qu’ils s’expriment dans des motions ou des tribunes émanant de chercheurs en sciences sociales[1]. Critique d’autant plus digne d’examen que les arguments sociologiques y ont joué un rôle essentiel, lui donnant une armature scientifique présentée comme incontestable.

Pourtant, les conceptions de la justice qui sous-tendent les dénonciations de la sélection restent très largement impensées et, de fait, les auteurs de ces motions et manifestes justifient certaines inégalités, en tolèrent beaucoup, en ignorent d’autres. Fondamentalement, la critique de la sélection apparaît comme une critique méritocratique de la mérito­cratie. Elle défend un idéal scolaire français f

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François Dubet

Sociologue, professeur émérite à l'université de Bordeaux, il a récemment publié Trois Jeunesses. La révolte, la galère, l'émeute (Le Bord de l'eau, 2018).

Marie Duru-Bellat

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À mi-mandat du quinquennat d’Emmanuel Macron, le dossier diagnostique une crise de la représentation démocratique. Il analyse le rôle des réseaux sociaux, les mutations de l’incarnation politique et les nouvelles formes de mobilisation. À lire aussi dans ce numéro : Jean-Luc Nancy sur l’Islam, Michael Walzer sur l’antisionisme et François Dubet sur la critique de la sélection.