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Comment rouvrir les futurs ? Entretien avec François Hartog

janvier 2017

Est-il encore possible de se projeter dans l’histoire ?

Se projeter dans l’histoire implique qu’elle soit porteuse d’un projet, soit un futur, vers lequel aller. Pris sous cet angle, l’Exode est peut-être le prototype de toute histoire, et les deux Cités de saint Augustin en marche jusqu’au dernier jour en sont une reprise. Bien entendu, c’est avec le temps moderne, porté par le progrès, et avec le concept moderne d’histoire comme processus que se projeter, tant pour les individus que pour les communautés, est devenu un impératif. Le moment clé est celui de la Révolution française, quand Robespierre exhortait ses concitoyens à en accélérer le cours. L’homme peut faire l’histoire et le révolutionnaire doit la faire. Quand, en 1882, Renan propose sa définition moderne de la nation, comme volonté de faire encore des choses (grandes, si possible) ensemble, il inscrit la forme politique de la nation dans ce temps ouvert vers le futur. Elle est, pour ce temps au moins, la meilleure façon d’articuler le passé, le présent et le futur d’une société.

Le présent de la commémoration

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François Hartog

Historien, directeur d’études à l’Ehess. Il est l’auteur d’un livre sur Renan : la Nation, la religion, l’avenir. Sur les traces d’Ernest Renan (Paris, Gallimard, 2017).

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