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Le tissu solide et déchiré de l’éthique. À quoi tenons-nous ? VI

juin 2006

#Divers

À quoi tenons-nous ? (VI)

On parle souvent de devoir de mémoire en supposant que le problème réside dans son universalisation publique : dans le cas de la mémoire d’un crime, par exemple, il va de soi que la question est de savoir si la victime ou le proche de la victime se souviennent mais tout le monde « doit » le faire avec eux. Il existe donc comme deux degrés dans le souvenir : le souvenir est d’abord une relation à soi et aux proches, qui semble acquise et ne pas susciter d’interrogation particulière ; mais il déborde aussitôt de ce cadre, et pose alors la question de sa généralisation ou de sa « reconnaissance » publique, suivi des multiples débats sur la relation entre mémoire et histoire, entre mémoire et politique2. On suppose donc réglée la question, pour ainsi dire, du premier niveau du souvenir, de savoir qui se souvient, s’il se souvient, s’il « doit » se souvenir ; et on pose la question au deuxième niveau, avec tous les enjeux qu’il comporte, ceux non seulement d’une mémoire, mais d’une histoire, d’une justice et d’un avenir communs.

Or, l’étonna

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Frédéric Worms

Philosophe, spécialiste de l’œuvre de Bergson (Bergson ou Les deux sens de la vie, 2004), il a aussi développé une hypothèse générale d'histoire de la philosophie (la notion de « moment ») appliquée notamment à la philosophie française du XX° siècle (La philosophie en France au XXe siècle – Moments, 2009). Il étudie également les relations vitales et morales entre les hommes, de la métaphysique à…

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