Photo : Nathaniel Shuman
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L'ouverture réelle

L’ouverture, c’est l’opposition à la clôture, à la guerre et à l’injustice. Une société guerrière est en effet aussi tyrannique. L’ouverture lui oppose ses ressources : la démocratie, la justice sociale, l’éducation et le soin. 

L’idée de société ouverte a quelque chose de trompeur. On se la représente parfois comme un espace vide ou peut-être même désert. Ainsi arrive-t-il à certains philosophes, interprétant trop vite certains grands poètes, de parler, dans leur métaphysique et avec fascination, de «l’Ouvert», comme s’il s’agissait d’un grand blanc, sous leurs yeux. Mais, plus gravement encore, en politique, certains se représenteront la société ouverte comme une absence de règles, et ils la confondront même, parfois, avec le marché sans principes, qui est défendu par certains économistes (ceux qu’on dit «néo-libéraux»).

L’ouverture, c’est l’acte de s’opposer à la clôture.

Mais l’ouverture réelle se définit d’abord par opposition à autre chose, très précisément à son contraire. L’ouverture, ce n’est pas un espace mais une force, ce n’est pas un vide général mais un acte ou un geste précis (parfois une parole), opposés à d’autres et qui y résistent. C’est l’acte de s’opposer à l

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Frédéric Worms

Philosophe   Le travail de Frédéric Worms s'organise à la fois autour de l'histoire de la philosophie et de la philosophie générale, morale et politique. Dans le premier domaine il est un spécialiste reconnu de l’œuvre de Bergson (Bergson ou Les deux sens de la vie, 2004), et a aussi développé une hypothèse générale d'histoire de la philosophie (la notion de « moment ») appliquée notamment à la…

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Nous sommes les témoins du retour de la clôture politique (fascismes, racismes, exclusions) et d’un discours qui réduit la société ouverte au marché. Dans ce contexte, il est urgent de relancer l’ouverture réelle, comme y invitent Camille Riquier et Frédéric Worms après Bergson, ainsi que les auteurs d’un riche abécédaire critique.