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Les catastrophes, entre puissance et impuissance. À quoi tenons-nous ? VIII

À quoi tenons-nous ? (VIII)

Le propre des catastrophes d’aujourd’hui, qui en fait la nouveauté et la gravité, mais aussi sans doute le caractère central du moment présent, c’est qu’elles mêlent la puissance et l’impuissance, à un degré encore jamais atteint. Elles nous conduisent en effet à renoncer au vertige de la puissance, ou du pur et simple « progrès » puisque ceux-ci rencontrent en elles une brutale limite ; mais aussi à la fascination pour l’impuissance ou pour la pure et simple « régression », puisqu’on a le sentiment de savoir non seulement prédire la catastrophe, mais, même quand l’homme n’en est pas l’auteur, comment l’expliquer, sinon l’empêcher et la traiter. Tout se passe comme si, simultanément, nous pouvions et ne pouvions ni l’ignorer, ni l’éviter ; une étrange dialectique de la puissance et de l’impuissance semble marquer notre présent, dialectique qu’il faut tenter de préciser un peu, avant de l’illustrer par quelques exemples et d’en esquisser aussi, au-delà des catastrophes les plus frappantes, une généralisation qui nous semble nécessaire et qu’il faudra poursuivre.

Puissance et impuissance, entre pouvoir et justice

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Frédéric Worms

Philosophe, spécialiste de l’œuvre de Bergson (Bergson ou Les deux sens de la vie, 2004), il a aussi développé une hypothèse générale d'histoire de la philosophie (la notion de « moment ») appliquée notamment à la philosophie française du XX° siècle (La philosophie en France au XXe siècle – Moments, 2009). Il étudie également les relations vitales et morales entre les hommes, de la métaphysique à…

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