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Les paradoxes de l'« affirmation eurasienne »

octobre 2007

Depuis quelques années, le mouvement dit « eurasien » investit le champ politique en Russie où il a ses sites internet, ses publications et son chantre, l’historien Alexandre Douguine devenu conseiller du président. C’est l’occasion d’apprécier à leur juste mesure des thèses qui ont pu exprimer, de la part de grands savants comme Jakobson, un double rêve : celui de détruire l’histoire au profit de la géographie, c’est-à-dire d’un espace qui différencie la Russie eurasienne de l’Europe des petits cantons ; mais aussi celui d’ébranler les croyances historiques pour imaginer, non sans analogie avec les slavophiles, un rêve utopique.

Le moment semble venu de réapprécier scientifiquement un mouvement de pensée qui orienta une partie de la pensée universitaire russe dans l’émigration, le mouvement dit « eurasien1 », et qui, depuis cinq ou six ans, réoccupe du terrain politique en Russie où il a ses sites internet, ses publications de popularisation, son chantre, l’historien publiciste Alexandre Douguine (encore que celui-ci, devenu conseiller du président, semble vouloir instrumentaliser la « marque eurasiste » au profit du pouvoir

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Georges Nivat

Historien des idées et slavisant, traducteur spécialiste du monde russe.

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