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Se raconter. Récits de soi et psychiatrie

Dans l’histoire de la psychiatrie, on entend peu à peu grossir la voix des patients, qui affirment l’importance de leurs récits et de leur expérience vécue pour le rétablissement de leur identité narrative. Désormais, de multiples approches psychothérapeutiques en reconnaissent la place centrale.


On pourrait croire qu’au sujet des noces d’Asclépios et de Clio, on a déjà tout entendu et qu’entre le langage et l’art de la guérison par l’esprit, l’alliance a été tant de fois racontée qu’on touche à son dernier mot… Cette union n’a pourtant pas fini de générer des rejetons fertiles et nous proposons d’en parcourir l’ensemble hétéroclite en explorant les perspectives qu’elle ouvre.

La place du récit dans l’art thérapeutique

La psychiatrie contemporaine entretient une relation ambivalente avec l’art du récit. Une version médico-centrée de la tradition psychiatrique ne retient du récit que ce que le script médical autorise. Parler des malades, c’est parler des maladies selon une dramaturgie bien rodée qui vise explicitement à constituer un savoir objectivé, purifié des scories narratives qu’apportent les histoires individuelles. La structure narrative de cette médecine a son ordre, son vocabulaire, ses péripéties : une étiologie, des prodromes, des signes qui convergent en syndromes, une histoire naturelle avec des paroxysmes, des complications, des rémissions, des décompensations et des rechutes, un pronostic. L’abstraction et la généralisation sont des principes fondateurs de cet art médical. Les histoires individuelles passent au crible du regard clinique qui scrute le patient, sujet pour l’occasion allongé, à la recherche d’une sémantique médicale qui se cristallise dans le processus diagnostique. Diagnostiquer, c’est accéder, à travers les particularités individuelles du patient, à un savoir plus général, seul à même de fonder l’expertise et l’efficience thérapeutique. La psychiatrie dite biologique s’aligne sans doute sur cette version relativement archaïque, en tout cas traditionnelle, de l’art médical. Les neurosciences ne nous racontent pas d’histoires.

Un autre visage de la psychiatrie, ici associée aux soins psychothérapeutiques dans une acception large, entretient au contraire une certaine fascination, quand ce n’est pas un fétichisme, pour le langage, la signification et le récit de soi. On connaît, par exemple, l’intérêt légendaire de Freud pour les grands mythes considérés comme fondateurs de notre civilisation, sa reconnaissance interprétative de structures narratives dans l’imbroglio de l’inconscient et son élévation de notre psychopathologie domestique à un statut quasi littéraire dans les récits qu’en permet l’analyse. Dans la psyché collective, la figure du psychiatre peut encore souvent représenter celui qui détient la clé des histoires et peut, mieux que le sujet lui-même, accéder à une vérité du récit de soi. On a pu reprocher à cette approche thérapeutique, sous couvert d’un intérêt proclamé pour la subjectivité des personnes soumises à l’analyse, de substituer à l’expérience naïve un récit marqué par son propre référentiel interprétatif, ses mythologies propres, un langage (celui de l’inconscient), dans une forme de tautologie herméneutique qui pourrait porter paradoxalement atteinte à la possibilité d’un récit de soi authentique.

Il existe cependant de multiples approches psychothérapeutiques qui reconnaissent la place centrale non seulement du langage, mais aussi des récits individuels, voire de la polyphonie dialogique des systèmes humains. En considérant l’autonomie des agents narratifs comme principe central de toute intervention thérapeutique, ces approches engagent un processus de relecture fertile, à même d’amorcer le processus de guérison des interactions dysfonctionnelles. On trouvera dans cette lignée les thérapies centrées sur la personne, fortement tributaires du modèle d’intervention développé par le psychologue Carl Rogers1. On rencontrera également dans ce voisinage les approches systémiques, en particulier la thérapie narrative élaborée par Michael White et David Epston, qui non seulement prend pour objet les récits des personnes ou les récits à leur sujet, mais vise aussi à intervenir au niveau de ces récits eux-mêmes comme cibles thérapeutiques essentielles2.

Au-delà de l’attention portée aux récits ou à leur utilisation délibérée par des approches thérapeutiques variées, nous souhaitons défendre l’idée d’une narrativité consubstantielle à notre humanité, comme le mettent en lumière, en négatif, les enjeux du psychotraumatisme, et dont la pensée de Paul Ricœur nous aide à penser la nature.

Être le sujet du verbe

Hantise (Gaslight, 1944) de George Cukor démontre au contraire comment la perversion du récit des événements peut nuire à la santé psychique. Dans un exemple inaugural de gaslighting (qui marque l’adoption du terme dans le langage de la psychologie), le mari, en diminuant l’intensité des lampes à gaz tout en niant son intervention, mène sa femme à douter de sa santé mentale et menace de la faire interner. Une variante sournoise du vécu traumatique, où la blessure morale est infligée par l’escamotage du récit de l’expérience auquel est substitué un récit aliénant.

Cet exemple ouvre un pan de la pratique psychiatrique où les récits – ou leur impossibilité – ont endossé un rôle de premier plan au sein des pratiques thérapeutiques centrées sur les traumatismes et leurs conséquences. L’événement traumatique fait date et organise une histoire qui en découle, dans l’une des rares occurrences dans les classifications contemporaines des troubles mentaux où une causalité biographique est reconnue comme essentielle à la caractérisation du trouble. Dans le souvenir traumatique, c’est la capacité même de l’appareil psychique à constituer un récit secondaire à l’expérience, qui la médiatise et la régule, qui est mise à mal par l’effraction du vécu. C’est ce que postule par exemple le modèle du traitement adaptatif de l’information (Adaptive Information Processing) et la notion de réseau mémoriel dysfonctionnel qui sous-tendent la pratique de l’EMDR (Eye Movement Reprogrammation and Desensitization) pour les personnes souffrant de syndromes de stress post-traumatique. On retrouve également ce travail de restauration d’une capacité d’intégration narrative comme principe central de la thérapie ICV (intégration du cycle de vie), qui ancre les récits traumatiques dans une ligne de vie revisitée de manière itérative. Plus généralement, dans les vécus traumatiques, on peut dire que la restauration d’une capacité narrative réalise une lutte active contre le déni et l’amnésie traumatique, et restaure ce faisant la possibilité du témoignage, qui ouvre la voie aux processus de validation et de reconnaissance de l’expérience dont on connaît l’importance dans le processus de guérison.

Ce qui se trame ici, c’est l’intégrité d’un soi dont la narrativité ne constitue pas seulement une possibilité d’expression ou de réparation, mais une dimension constitutive et essentielle de son être au monde. Cette narrativité essentielle de l’homme a été particulièrement explorée par Paul Ricœur tout au long de son œuvre, y compris dans des textes qui se confrontent directement au corpus des écrits psychanalytiques. On y trouve une définition du récit riche de sens et de potentialités, comme un processus dynamique et créatif de mise en intrigue. Le récit réalise une structuration de l’expérience chaotique du temps à travers l’acte de configuration narrative. Cette fonction narrative se révèle un vecteur essentiel de la constitution d’un sens de soi, compris comme une identité narrative, c’est-à-dire née de l’activité de mise en intrigue toujours recommencée, mais qui sous-tend la persistance d’un soi (l’ipséité). Elle fonde également la nature du sujet narrateur en tant qu’agent moral, c’est-à-dire mû par des systèmes de valeurs et une intentionnalité que le récit rend manifestes et fait exister par ses dimensions performatives, au sein d’un devenir signifiant bien que non dénué d’obscurité3.

Considérer l’importance de ces notions pour l’exercice de la psychiatrie, ce n’est pas l’arracher complètement à son terreau natal, qui est d’être une discipline pratique au service de sujets souffrants, car les souffrances dont elle s’occupe ont maille à partir avec le sens de soi, l’être au monde, la conscience et l’espace intersubjectif des relations. Il n’est pas insignifiant qu’à travers son œuvre, Ricœur ait à plusieurs reprises confronté sa pensée au corpus psychanalytique, tout en reconnaissant qu’il puisse y avoir dans sa pratique psychothérapeutique plus que ce qu’en capture son approche théorique4. Ces réflexions sur le rôle structurant de l’activité narrative pour le psychisme humain invitent à considérer la psychiatrie, dans une définition générique, comme un art au service non seulement de l’exploration et de la compréhension de soi, mais aussi de la restauration d’une narrativité essentielle à la constitution de l’ipséité du soi, à son identité narrative, à son agentivité et à sa projection dans une existence signifiante qui caractérise le destin humain.

De qui est-ce l’histoire ?

La psychiatrie est une branche de la médecine aux prises avec des sujets historiquement considérés comme amoindris, qu’il s’agirait de ramener à la raison, parfois avec des soins qui assujettissent ou visent à faire taire la folie. Le présent texte ne vise pas à faire l’inventaire de la part d’ombre qui accompagne la psychiatrie. Mais force est de constater une lente réhabilitation du sujet dans l’histoire de la psychiatrie. Derrière la statue de Pinel, souvent exaltée pour avoir symboliquement « libéré les aliénés » de l’asile de Bicêtre en brisant les chaînes qui entravaient leurs pieds5, on voit se dégager la figure de Jean-Baptiste Pussin, un ancien malade devenu surveillant, dont l’approche humaniste envers les internés avait déjà ouvert une brèche dans l’ordre médical de l’époque. Pussin observait, en effet, que les malades recrutés pour réaliser des tâches quotidiennes recouvraient souvent la raison, montrant par là les effets de la reconnaissance et la possibilité d’un rétablissement : « J’ai souvent remarqué que lorsque j’employais un fou qui venait de recouvrer la raison, soit pour balayer, soit pour assister un domestique, puis pour devenir lui-même un domestique… son état s’améliorait chaque mois, et que quelque temps plus tard il était totalement guéri6. »

Que pensaient les aliénés des traitements qui leur étaient réservés ? Dans les années 1980, l’historien Roy Porter est l’un des premiers à s’intéresser aux récits de l’expérience des troubles psychiques par les personnes qui l’ont vécue. En analysant les données extraites des archives des hôpitaux, il mesure à quel point les voix des patients sont absentes de l’histoire de la psychiatrie, qualifiant le domaine de « terra incognita7 ».

Quelques récits autobiographiques échappent à la loi du silence. Les lettres d’Antonin Artaud dénoncent les maltraitances subies et la marginalisation opérée par l’institution psychiatrique. Mais s’exprimer ainsi n’est pas donné au premier « fou » venu – Artaud est alors un artiste reconnu8. Peu à peu néanmoins, on entend grossir la voix des patients dans l’histoire de la psychiatrie. La trajectoire d’une personne en lutte contre les atteintes de la schizophrénie peut raconter en première personne l’histoire de sa traversée, lorsque « le centre ne tient plus9 ». Cependant, cette maturation du champ historiographique reste tournée vers les histoires passées et toujours partiellement réalisée : « Nous restons toujours si profondément ignorants de la manière dont les personnes ordinaires ont, par le passé, véritablement considéré la santé et la maladie, et géré leurs rencontres avec les médecins, que notre priorité devrait être de nous “dé-familiariser” avec les présupposés de l’histoire et de la sociologie de la médecine moderne centrés sur le médecin, et tailler un chemin dans les forêts empiriques du passé dans toute leur diversité et leur étrangeté10. »

Le rétablissement et le savoir expérientiel

La revendication d’une légitimité de leur voix par des figures de personnes concernées par les troubles psychiques émerge de façon significative dans les années 1970 aux États-Unis. Ceux qui se nomment usagers, ex-usagers ou survivants de la psychiatrie s’inspirent des luttes pour les droits civiques et pour l’émancipation des minorités, et dénoncent les pratiques coercitives de la psychiatrie, en réclamant un changement radical de celle-ci. Leur mobilisation rend audibles et disponibles dans la sphère publique des récits à la fois individuels et collectifs, provenant de sujets auparavant escamotés de la sphère publique.

Le concept de rétablissement, qui émerge de ces luttes, redéfinit la santé mentale au-delà de la simple absence de symptômes : au prix d’un parcours non linéaire, entravé par les discriminations et la contrainte, les personnes qui se rétablissent vivent une vie satisfaisante et qui a du sens. Le rétablissement peut se produire avec ou sans système de soins, avec ou sans substances, y compris médicamenteuses. Des personnalités telles que Patricia Deegan, Eleanor Longden ou Daniel B. Fisher ont été et sont encore au premier plan de ce mouvement, pour décrire et faire connaître, à partir d’un examen minutieux de leur propre expérience et de celles de leurs pairs, la notion complexe de rétablissement. Au travers de nombreux témoignages oraux et écrits, ainsi que d’articles scientifiques, ils incarnent, avec d’autres, cette revendication de dignité et de reconnaissance. Ces personnes ont en commun d’avoir intégré leur savoir expérientiel à un savoir académique et partagent la particularité d’avoir reçu un diagnostic de schizophrénie et celui d’avoir obtenu par la suite un doctorat de psychologie ou de psychiatrie. Cette double appartenance a pu légitimer un « savoir expérientiel », dont le récit est venu contester de l’intérieur le monopole du discours médical. Le glissement des objectifs de la psychiatrie depuis la recherche d’une guérison (absence de symptôme) au rétablissement (accomplissement de sa nature profondément humaine) qui s’est opéré a des effets majeurs sur la posture de la personne comme de son psychiatre ou de la société. Le récit de l’expérience propre, qui rapporte la souffrance et la transformation de soi vécue par ceux qui la traversent, s’est aujourd’hui institutionnalisé et fait intégralement parti du rôle des pairs-aidants, pour qui le témoignage devient un acte d’affirmation et de résistance, et le moyen d’un jeu d’écho permettant au pair-aidé d’envisager la construction d’un récit de soi authentique.

Le « savoir expérientiel », un savoir légitimé par le vécu, a pu contester de l’intérieur le monopole du discours médical.

La définition du rétablissement par les personnes concernées constitue un bel exemple de lutte contre les injustices épistémiques11. L’injustice épistémique se manifeste en effet de deux façons : par l’injustice testimoniale, lorsque la crédibilité du témoignage d’un individu est minimisée ou niée ; par l’injustice herméneutique, lorsqu’un manque de ressources conceptuelles empêche une personne de comprendre et de communiquer son expérience. Ces deux formes d’injustice ont lourdement pesé sur les personnes psychiatrisées. Injustice testimoniale lorsque leur voix était ignorée ou invalidée par une autorité médicale et sociale conférée aux psychiatres, qui déniait au patient la capacité de produire un savoir valable sur lui-même, en étiquetant ses paroles comme a priori irrationnelles ou pathologiques. Injustice herméneutique du fait d’une incapacité historique à formuler leurs expériences dans un langage qui pourrait être entendu, compris et valorisé socialement. Le manque d’outils conceptuels et la marginalisation des voix des patients ont rendu difficile la reconnaissance de leur vécu, les privant de la possibilité de produire un discours collectif sur leur condition.

Dans ce contexte, le mouvement des usagers et des survivants de la psychiatrie, en réaffirmant l’importance et la légitimité du récit et de l’expérience subjective, participe activement à rétablir cette justice épistémique. En redonnant de la crédibilité aux voix des personnes concernées, il contribue à enrichir et à diversifier notre compréhension de la santé mentale. En redonnant aux patients psychiatriques le droit à la parole, les récits de rétablissement façonnent un savoir différent, un savoir du vécu qui s’oppose au discours dominant. Ils offrent ainsi un espace de reconnaissance dans lequel le patient, narrateur autorisé, devient sujet de son histoire et acteur de son rétablissement. Axel Honneth, philosophe de la reconnaissance, met en avant la nécessité de cette reconnaissance pour que l’individu puisse se concevoir comme sujet de sa propre vie. En ce sens, la lutte pour la reconnaissance de la parole des patients psychiatriques recouvre une lutte pour leur humanité. C’est « ce double mouvement d’émancipation croissante des sujets individuels et de renforcement de leurs liens communautaires que devrait déclencher et stimuler la lutte pour la reconnaissance, en suscitant chez les individus un sentiment rationnel de leur solidarité intersubjective en même temps qu’elle les rend progressivement attentifs à leurs exigences subjectives12 ».


On voit dans ce tour d’horizon à quel point la fonction du récit est loin de se résumer à un outil thérapeutique. Il peut devenir un instrument de revendication et de transformation sociale, et revêtir une dimension politique. L’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie rappelle avec force à quel point les récits peuvent à la fois opprimer et libérer. Dans son discours sur le « danger de l’histoire unique », elle rappelle que les récits ont le pouvoir de rendre la dignité à ceux qui ont été marginalisés13. En ce sens, les témoignages des personnes concernées constituent une mémoire collective qui ouvre un espace de reconnaissance et de résistance face à la stigmatisation sociale. Les récits des personnes concernées ne sont pas que des histoires individuelles : ils façonnent nos perceptions collectives et s’attaquent directement aux stigmatisations. Ils ont la puissance de réhabiliter le sujet en tant qu’acteur de sa propre histoire, dans une lutte pour la dignité, le droit à la parole et à une pleine reconnaissance de son humanité.

  • 1. Voir Carl R. Rogers, La Relation d’aide et la psychothérapie [1942], trad. Jean-Pierre Zigliara, Issy-les-Moulineaux, ESF sciences humaines, coll. « L’Art de la psychothérapie », 2019 ; et Psychothérapie et relations humaines. Théorie de la thérapie centrée sur la personne [1959], trad. Godelieve Marian Kinget, préface d’André de Peretti, avant-propos d’André Botteman, Issy-les-Moulineaux, ESF sciences humaines, coll. « L’Art de la psychothérapie », 2016.
  • 2. Voir Michael White et David Epston, Les Moyens narratifs au service de la thérapie [1990], trad. Jean-François Bourse, Bruxelles, SATAS, coll. « Le Germe », 2003.
  • 3. Voir P. Ricœur, Soi-même comme un autre [1990], Paris, Points, coll. « Points essais », 2015.
  • 4. Voir P. Ricœur, Écrits et conférences, t. I, Autour de la psychanalyse, Paris, Seuil, coll. « La Couleur des idées », 2008 ; entretien avec P. Ricœur, « Psychanalyse et interprétation. Un retour critique », Esprit, décembre 2015.
  • 5. Voir Gladys Swain, Le Sujet de la folie. Naissance de la psychiatrie [1977], précédé de « De Pinel à Freud » par Marcel Gauchet, Paris, Calmann-Lévy, coll. « Liberté de l’esprit », 1997.
  • 6. Jean-Baptiste Pussin en 1793, cité par Marie Didier, Dans la nuit de Bicêtre [2006], Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2007.
  • 7. Roy Porter, A Social History of Madness: Stories of the Insane, Londres, Weidenfeld & Nicolson, 1987.
  • 8. Voir Antonin Artaud, Lettres 1937-1943, éd. Simone Malausséna, préface de Serge Malausséna, introduction d’André Gassiot, Paris, Gallimard, 2015.
  • 9. Elyn R. Saks, The Center Cannot Hold: My Journey Through Madness, New York, Hyperion, 2007.
  • 10. R. Porter, “The patient’s view: Doing medical history from below”, Theory and Society, vol. 14, no 2, mars 1985, p. 176 (nous traduisons).
  • 11. Miranda Fricker, Epistemic Injustice: Power and the Ethics of Knowing, Oxford, Oxford University Press, 2007.
  • 12. Axel Honneth, La Lutte pour la reconnaissance [1992], trad. Pierre Rusch, Paris, Cerf, coll. « Passages », 2000, p. 53.
  • 13. Chimamanda Ngozi Adichie, Nous sommes tous des féministes suivi de Le Danger de l’histoire unique [2012], trad. Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2023.