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L'Arabie saoudite, l'Iran et les autres

février 2016

#Divers

Les conflits du Moyen-Orient sont connus pour être difficiles et prolongés. Pourtant la prise de décision des États régionaux peut se condenser en un temps très court et produire des conséquences dévastatrices. La destruction d’un avion militaire russe qui avait violé l’espace aérien turc pendant seulement dix-sept secondes, le 24 novembre 2015, relève d’un tel paradoxe. Quelle que soit l’explication géopolitique qu’on serait tenté de lui donner, l’escalade entre Ankara et Moscou montre que le régime d’Erdoğan ne dispose plus de mécanismes internes de contrôle et d’équilibre. Il en va de même pour l’exécution du dignitaire chiite Nimr Baqr al-Nimr par l’Arabie saoudite, le 2 janvier 2016, qui a provoqué la rupture diplomatique entre le royaume wahhabite, les monarchies du Golfe et l’Iran, lui-même peu clément à l’égard des ulémas sunnites contestataires. La destruction de l’avion russe comme cette mise à mort peuvent être expliquées par un modèle proposé par le sociologue Christian Morel : l’enfermement des acteurs dans une seule et unique « rationalité de référence », faisant fi de toute complexité et tout contre-argument1. Dans le contexte tendu du Moyen-Orient, ces « décisions absurdes » changent qualitativement la donne et déclenchen

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Hamit Bozarslan

Directeur d'études à l'Ehess, il est notamment l’auteur de l'Histoire de la Turquie de l'Empire à nos jours (Tallandier, 2015) et de Révolution et état de violence. Moyen-Orient 2011-2015 (Cnrs, 2015). Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit. 

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Dans un contexte de déculturation et de repli identitaire, les affirmations religieuses – en particulier celles de l’islam – interrogent les équilibres politiques et mettent les sociétés à l’épreuve. Les textes d’Olivier Roy, Smaïn Laacher, Jean-Louis Schlegel et Camille Riquier permettent de repenser la place des religions dans l’arène publique, en France et en Europe.

A lire aussi dans ce numéro, une critique de l’état d’urgence, un journal « à plusieurs voix », une réflexion sur l’accueil des réfugiés, une présentation de l’œuvre de René Girard et des réactions aux actualités culturelles et éditoriales.