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Sécularisme, religion et nation: les cas turc, pakistanais et israélien

mars/avril 2007

Une comparaison entre trois pays (Turquie, Pakistan et Israël) permet de saisir concrètement que les rapports de la religion et de la volonté de sécularisation sont souvent indissociables du facteur national.

Souvent, la question des rapports entre l’islam et la sécularisation est posée en termes de compatibilité ou d’incompatibilité. Selon certains analystes, à l’inverse du christianisme, « religion de la sortie de la religion », l’islam ne permettrait pas une autonomisation du politique, encore moins une transformation de la religion en une conviction privée. Pour d’autres, dont Olivier Carré, nombre d’États musulmans seraient parvenus au cours de l’histoire à produire des formes spécifiques de séparation entre l’espace politique et l’espace religieux.

Sans entrer dans ce débat, je préciserai dans cette contribution que dans nombre de pays musulmans contemporains, les rapports entre sécularisation et religion ne peuvent être compris en dehors de leur lien avec un troisième terme, qui est la nation, élément bien entendu postérieur et extérieur au contexte de l’émergence de l’islam. Dans la quasi-totalité des pays musulmans, en effe

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Hamit Bozarslan

Directeur d'études à l'Ehess, il est notamment l’auteur de l'Histoire de la Turquie de l'Empire à nos jours (Tallandier, 2015) et de Révolution et état de violence. Moyen-Orient 2011-2015 (Cnrs, 2015). Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit. 

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