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Le kantisme de Podemos ou les équivoques du sens commun

septembre 2016

#Divers

Contre la révolution des riches, Podemos défend un conservatisme du sens commun, qui s’entend comme contre-hégémonie culturelle, vertu républicaine et esprit religieux. Cela conduit à interroger sa volonté de républicaniser le populisme.

Lors d’un débat à l’université Carlos III de Madrid, en novembre 2015, un étudiant a demandé à Pablo Iglesias, le secrétaire général de Podemos, quel ouvrage de philosophie il lui conseillerait de lire. « L’Éthique de la raison pure de Kant », répondit-il. La méprise du candidat, à ce moment-là, à la présidence du gouvernement1 – qui confondait ici en un même titre les deux grandes œuvres de Kant, la Critique de la raison pure et la Critique de la raison pratique, sans qu’on sache laquelle il voulait réellement citer – a suscité la moquerie. Pourtant, la réponse de Pablo Iglesias méritait une autre attention.

Il est intéressant que Pablo Iglesias se réfère à Kant. On se serait plutôt attendu à ce qu’il recommande la lecture d’Ernesto Laclau, le théoricien d’une nouvelle forme de populisme qui, comme un certain nombre d’analystes

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Hedwig Marzolf

Agrégée et docteur en philosophie, Hedwig Marzolf est professeur de philosophie au lycée français de Madrid. Elle est l’auteure de Libéralisme et religion (Cerf, 2013).

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Ce dossier de rentrée est consacré à l’avenir de la gauche : non pas l’avenir électoral incertain de partis moribonds, mais le projet de société que les amis de l’égalité sont encore capables de nous faire espérer. Ce dernier doit affronter le défi de la mondialisation, à rebours du déni souverainiste et du renoncement néolibéral, en s’inspirant des dynamiques de la société civile.