Santiago Abascal, mai 2014, photo de Contando Estrelas. Wikimédia
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Nosotras

juil./août 2019

Lors d’un entretien télévisé de campagne électorale, Santiago Abascal, le nouveau dirigeant de Vox[1], le parti d’extrême droite qui s’est imposé comme une force incontournable au Parlement national en radicalisant et divisant à la fois la droite[2], a accusé la gauche d’avoir remplacé la lutte des classes par la guerre des sexes. En témoignerait, en particulier, la loi de juillet 2018 proposée par le Parti socialiste dans le cadre du Pacte national contre la violence de genre. Cette accusation, qui est cohérente avec les pressions de Vox pour déroger à cette loi en Andalousie et y créer un ministère de la Famille, montre que le féminisme est devenu de l’autre côté des Pyrénées l’objet d’un clivage politique.

Cette critique de la gauche et du féminisme semble pourtant malvenue au regard de la légitimité sociale acquise par le mouvement féministe suite au succès rencontré, cette année comme l’année dernière, par son appel lors de la journée de la femme, le 8 mars, à la «grève générale». Des millions de femmes ont manifesté pour rendre

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Hedwig Marzolf

Agrégée et docteur en philosophie, Hedwig Marzolf est professeur de philosophie au lycée français de Madrid. Elle est l’auteure de Libéralisme et religion (Cerf, 2013).

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Le dossier estival de la revue Esprit, coordonné par Camille Riquier, fait l’hypothèse que le monde capitaliste a substitué l’argent à Dieu comme nouveau maître invisible. Parce que la soif de l’or oublie le sang des pauvres, la communauté de l’argent est fondée sur un abus de confiance. Les nouvelles monnaies changent-elles la donne ? Peut-on rendre l’argent visible et ainsi s’en rendre maître ?