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Manifestation à Madrid sur la place Puerta del Sol le 15 mai 2011. Wikimédia
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Que reste-t-il des Indignados ?

octobre 2021

L’anniversaire de la mobilisation du 15M s’est déroulé à Madrid dans un contexte de restrictions sanitaires et un climat de crispation, loin de la culture inclusive de la manifestation d’origine. Dix ans après la manifestation des Indignés, que reste-t-il de ce mouvement qui aspirait à renouveler la politique espagnole ?

Dix ans ont passé depuis que les Indignés, à la suite d’une manifestation convoquée notamment par la plateforme ¡Democracia Real Ya! (Démocratie réelle maintenant !), occupèrent la Puerta del Sol à Madrid et y organisèrent, un mois durant, des assemblées – bientôt répliquées sur d’autres places partout en Espagne –, où les participants débattaient de la politique. Or l’anniversaire de cette mobilisation dite du « 15M » (du 15 mai 2011, date de la manifestation), considérée par plusieurs sociologues comme l’un des événements les plus importants de l’histoire politique espagnole depuis la transition démocratique et que le philosophe Ernesto Castro désigne comme un « mythe fondateur », l’équivalent en Espagne de Mai 68 en France, se déroule dans un contexte des plus étranges.

La culture de la transition

D’abord, même si les Madrilènes ne sont plus confinés chez eux, les mesures sanitaires rendent inimaginable la foule participant à ces assemblées. Surtout, le mois de mai 2021 est marqué par la victoire écrasante du Parti populaire (PP) dans la région de Madrid, lors des élections anticipées qu’Isabel Ayuso, à la tête du Parti et déjà présidente du gouvernement régional, avait convoquées dans l’objectif – atteint – d’élargir sa majorité et de se passer de son associé, le parti de centre droit Ciudadanos, fer de lance avec Podemos de la « nouvelle politique » qui prétendait régénérer les pratiques politiques. De plus, ces élections se sont déroulées dan

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Hedwig Marzolf

Agrégée et docteur en philosophie, Hedwig Marzolf est professeur de philosophie au lycée français de Madrid. Elle est l’auteure de Libéralisme et religion (Cerf, 2013).

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La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.