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Vers un droit international d’exception ?

Question subalterne dans toutes les théories de la guerre, le terrorisme est-il en train de devenir le sujet à partir duquel il est possible de redéfinir les conflits contemporains ? Quels en sont les risques pour les normes juridiques nationales et internationales concernant la guerre ? Quelles limites peut-on poser à l’état d’urgence imposé par la « guerre contre la terreur » ?

Après la chute du mur de Berlin et l’écroulement du communisme soviétique, on vit apparaître aux États-Unis la doctrine des « États voyous », rogue states ; se dessinait là, assurément, une nouvelle figure de « l’ennemi des États-Unis », regroupant tous les éléments – à ce stade : les États – susceptibles de pratiquer une action terroriste, à plus ou moins brève échéance, contre les États-Unis et leurs alliés ; tous les États intrinsèquement « non-fiables » sur le plan de leur relation à la sécurité collective. Le point déterminant pour cette nouvelle figure de l’ennemi n’était donc pas un caractère idéologique ni, comme le suggérera Huntington en 1996, en avançant le paradigme du « choc des civilisations », une ligne de fracture civilisationnelle (l’ennemi n’est

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Jean-Claude Monod

Philosophe, il s'intéresse en particulier aux rapports entre politique et religion, ainsi qu'à l'articulation entre démocratie et pouvoir, notamment dans l'interrogation qui est au coeur de son livre, Qu'est-ce qu'un chef en démocratie? Politiques du charisme (Paris, Seuil, 2012).

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