Photo : Braden Jarvis
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L'architecte est-il un auteur ?

Les « starchitectes » d’aujourd’hui gèrent leur identité comme une marque ; on leur commande des immeubles comme naguère des tableaux à un peintre. Mais leurs « œuvres » sont aussi des lieux (d’habitation, de travail...) et sont donc soumises à un droit d’usage et à des modifications – voire des destructions – qui peuvent être décidées par les pouvoirs publics. Y a-t-il un droit d’auteur en architecture ?

Si les projets des architectes valent toujours plus cher que les visages de leurs concepteurs, on associe pourtant de plus en plus fréquemment certains d’entre eux à leur architecture. Pour la raconter ou la commenter, on en viendrait même à reprendre parfois la formule canonique « un tel-sa vie-son œuvre ». Même s’il y a un petit moment déjà que les visages accompagnent les projets, souvenons-nous de cette photo un peu figée des cinq architectes appelés pour la première fois en janvier 1967 à concevoir un nouveau futur pour le ventre de Paris. Qu’ils avaient l’air coincés, comme pris au piège, les Louis Arretche, Claude Charpentier, Louis de Hoÿm de Marien, Michel Marot et Daniel Tremblot, sans compter l’Aua, auteur encore collectif à l’époque convié par Malraux lui-même, tous posant au garde-à-vous sagement alignés derrière leurs panneaux... Et cette tendance n’a fait que s’accentuer ces dernières années avec une catégorie désormais consacrée : le « starchitecte » dont le dernier avatar, le jeune danois Bjarke Ingels avec son slogan Yes is more, est d’ores et déjà sorti largement vainqueur du grand concours « Ma binet

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Jean-Louis Violeau

Jean-Louis Violeau est sociologue, professeur à l’ENSA de Nantes et enseignant à l’école urbaine de Sciences-po Paris. Il s'est entretenu avec Paul Virilio dans Littoral, la dernière frontière (Sens & Tonka, 2013).

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