Photo : Mark de Jong
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L’apprentissage des inhumanités

L’éducation préventive contre les violences politiques s’appuie sur les ressources sur la Shoah et intègre désormais le génocide des Tutsi du Rwanda. Face aux ricanements des uns et au radicalisme des autres, il faut insister sur la place de la justice internationale, la capacité de désobéir et le combat des victimes.

La sortie de la violence est, à l’instar de la réduction des inégalités sociales, une utopie fondatrice que l’école n’est pas en mesure de concrétiser mais qui l’anime toujours. C’est au stade de l’éducation de l’enfant que, selon Françoise Héritier[1], les fondements anthropologiques (le propre/le sale/l’animalité) sur lesquels se bâtissent les idéologies d’exclusion et de massacre devraient être déconstruits. Si ces schèmes culturels potentiellement mortifères restent profondément ancrés, une éducation préventive contre les violences politiques s’est mise en place en s’appuyant sur le récit et l’analyse des génocides et crimes de masse les plus atroces du xxe siècle, et en tout premier lieu sur la rupture que représente le génocide des Juifs d’Europe. Son optique est principalement mémorielle : ne pas oublier le passé pour ne pas répéter les mêmes horreurs. L’Unesco, qui avait créé en 2011 un programme sur l’enseignement de l’histoire de la Shoah, s’est doté d’une chaire sur la prévention des génocides en 2013 et, plus récemment, a r&eacut

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Joël Hubrecht

Chargé de mission à l'Institut des hautes études sur la justice (IHEJ). Membre du Comité Syrie-Europe après Alep. Auteur de Kosovo: 1981, 1989, 1999, 2001 : établir les faits, (Editions Esprit, 2000) ; Enseigner l'histoire et la prévention des génocides: peut-on prévenir les crimes contre l'humanité ? (La Hachette, 2009). …

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Le dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon et Isabelle de Mecquenem, remet le sens de l’école sur le métier. Il souligne les paradoxes de « l’école de la confiance », rappelle l’universalité de l’aventure du sens, insiste sur la mutation numérique, les images et les génocides comme nouveaux objets d’apprentissage, et donne la parole aux enseignants. À lire aussi dans ce numéro : un inédit de Paul Ricœur sur la fin du théologico-politique, un article sur les restes humains en archéologie et un plaidoyer pour une histoire universaliste.