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Syrie : quand les morts ne veulent plus rien dire

octobre 2016

#Divers

L’actualité syrienne est sidérante. Sans doute, la violence persistante et les bombes, à force de tomber, jour après jour, année après année, ont dû aussi dévaster le langage et notre capacité à comprendre ce qui se passe sous nos yeux. Pour sortir de notre torpeur, faudrait-il trouver d’autres mots, d’autres angles d’analyse que ceux des journaux ou des rapports onusiens ? Comment penser et dire le trou noir géopolitique qu’est devenu la Syrie et le vortex de violence inouïe dans lequel tout un peuple, toute une région et finalement notre monde s’abîment irrémédiablement ?

L’ampleur des crimes est connue et précisément documentée ; l’urgence des besoins, criante et inlassablement répétée. L’Onu documente neuf cas où des armes chimiques – du gaz de chlore répandu par des hélicoptères du régime syrien et du gaz moutarde lancé par Daech – ont été utilisées en Syrie en 2014 et 20151. L’Onu évalue à 600 000 les personnes assiégées qui sont privées de nourriture, de médicaments, d’eau et d’électricité. Un chiffre a minima (il n’inclut pas les zones dites « difficiles à atteindre ») et pourtant si exorbitant qu’il en perd sa réalité. D

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Joël Hubrecht

Chargé de mission à l'Institut des hautes études sur la justice (IHEJ). Membre du Comité Syrie-Europe après Alep. Auteur de Kosovo: 1981, 1989, 1999, 2001 : établir les faits, (Editions Esprit, 2000) ; Enseigner l'histoire et la prévention des génocides: peut-on prévenir les crimes contre l'humanité ? (La Hachette, 2009). ...

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