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L’Œil extatique. Sergueï Eisenstein, cinéaste à la croisée des arts

Au Centre Pompidou-Metz jusqu’au 24 février 2020

janv./févr. 2020

Premier cinéaste à préparer visuellement ses films, Eisenstein apparaît tout au long de l’exposition comme un artiste total, intéressé par chaque aspect de la création filmique.

Les cinéphiles et les curieux croient tout savoir sur Eisenstein (1898-1948), référence obligatoire de tout projet d’histoire du cinéma, révéré comme maître du montage et du découpage. Dans l’immédiat après-guerre, la période où s’inventa la cinéphilie, son aura était telle que Le Cuirassé Potemkine (1925) fut désigné « meilleur film de tous les temps » à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958. Exposer Eisenstein, comme le font les commissaires Ada Ackerman et Philippe-Alain Michaud et la chercheuse Olga Kataeva dans L’Œil extatique, consiste donc bien en une nouvelle explication de son œuvre et de sa vie, au-delà des images les plus connues, comme la séquence du grand escalier d’Odessa dans Le Cuirassé Potemkine, si marquante que le grand public ou des historiens pensent qu’elle eut réellement lieu.

Au-delà, également, du cliché d’un Eisenstein serviteur ou cinéaste de propagande, en partie inventé par Soljenitsyne dans Une journée d’Ivan Denissovitch (1962). Un simple examen de la biographie du cinéaste permet pourtant de comprendre toutes les contraintes créatives et économiques auxquelles il fut confronté, jusqu&

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Louis Andrieu

Cinéphile, il écrit sur le cinéma, les contenus audiovisuel et les images dans la Revue Esprit depuis 2013.

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L'universel est à nouveau en débat : attaqué par les uns parce qu'il ne serait que le masque d'une prétention hégémonique de l'Occident, il est défendu avec la dernière intransigeance par les autres, au risque d'ignorer la pluralité des histoires et des expériences. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Anne Lafont, fait le pari que les transformations de l'universel pourront fonder un consensus durable : elles témoignent en effet de l'émergence de nouvelles voix, notamment dans la création artistique et les mondes noirs, qui ne renoncent ni au particulier ni à l'universel. À lire aussi dans ce numéro : la citoyenneté européenne, les capacités d'agir à l'ère numérique, ainsi que les tourmentes laïques, religieuses, écologiques et politiques.