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Derrière la folie, les malaises ordinaires. Introduction

mars/avril 2015

#Divers

D’après l’Organisation mondiale de la santé, une personne sur quatre traverse une maladie mentale au cours de sa vie. En quinze ans, le nombre d’enfants suivis par an en pédopsychiatrie a doublé en France1.

Ces chiffres ne valent pas comme un diagnostic médical plaqué sur notre société. Il est certes tentant d’y voir un indice de cette « usure psychique » ou de ce burn-out collectif qui semblent caractériser la situation française2. Mais on sait, au moins depuis Freud, la difficulté à transposer les catégories de la clinique pour diagnostiquer l’une ou l’autre variante d’un Malaise dans la civilisation (1930). Ces chiffres, qui renvoient d’abord à des histoires singulières, disent cependant un changement de notre rapport au trouble mental. Loin de se prêter à une montée en généralité psychologisante, ils imposent d’abord l’évidence d’un déplacement : la préoccupation psychologique est devenue un phénomène de masse. Ainsi, la maladie mentale n’est plus localisable dans les marges reculées de la société. Ce qui ne signifie pas que le fou ne garde pas son étrangeté inquiétante. Le poids symbolique des termes et des é

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Marc-Olivier Padis

Directeur de la rédaction d'Esprit de 2013 à 2016, après avoir été successivement secrétaire de rédaction (1993-1999) puis rédacteur en chef de la revue (2000-2013). Ses études de Lettres l'ont rapidement conduit à s'intéresser au rapport des écrivains français au journalisme politique, en particulier pendant la Révolution française. La réflexion sur l'écriture et la prise de parole publique, sur…

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