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La sécurité : paradigme pour un monde désenchanté

août/sept. 2006

Mobilisé de toutes parts, l’impératif de sécurité tend à annexer à sa logique l’ensemble des droits exigibles et des biens désirables. Mais que gagne-t-on et que risque-t-on de perdre à traduire nos attentes dans des termes « sécuritaires » et à ne voir dans l’institution politique rien d’autre que la réponse à des inquiétudes diffuses ?

Lorsque quelqu’un marche dans la rue en pleine nuit sans danger, il ne lui vient pas à l’esprit qu’il pourrait en être autrement ; car l’habitude d’être en sécurité est devenue pour nous une seconde nature et l’on ne se rend pas compte que cette sécurité est uniquement le résultat d’institutions particulières.

Hegel, Principes de la philosophie du droit, additif au § 268.

L’idéal sécuritaire se porte bien, souvent au-delà des cercles où l’on s’attendrait à le voir promu. Plus aucun discours politique, plus aucun programme électoral qui ne fasse du rétablissement de la sécurité, sinon son unique objectif, du moins la priorité d’une action publique crédible. On se souvient des mésaventures du candidat Jospin en 2002 contraint de reconna

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Michaël Fœssel

Philosophe, il a présenté et commenté l'oeuvre de Paul Ricoeur (Anthologie Paul Ricoeur, avec Fabien Lamouche), a coordonné plusieurs numéros spéciaux de la revue, notamment en mars-avril 2012 "Où en sont les philosophes ?". Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit.  Il est notamment l'auteur de L'Équivoque du monde (CNRS Éditions, 2008), de La Privation de l'intime (Seuil, 2008), État de

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