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Positions – Clément Méric ou les colères françaises

août/sept. 2013

#Divers

Bien avant que Stéphane Hessel ne conjugue l’indignation à l’impératif, Merleau-Ponty décrivait la colère comme « un mode de connaissance qui ne convient pas mal quand il s’agit du fondamental1 ». C’est une manière de dire que l’entrée dans les problèmes de la justice, du bien et peut-être même du vrai se fait par le négatif. Le plus souvent, le sentiment du scandale l’emporte sur la certitude de ce qui devrait être.

La période récente ne manque pas de colères collectives. Leurs causes sont aussi variées que leurs effets : écart entre la magnificence footbalistique et la répartition des richesses au Brésil, récession économique et sentiment de s’être fait voler la révolution en Égypte, refus de l’arbitraire drapé dans la religion en Turquie. À chaque fois, la colère se trouve à l’origine d’un processus politique dont il est impossible de prédire le dénouement. Par lui-même, cet affect ne garantit ni ne justifie rien. Il indique seulement la limite qui, dans une société, sépare ce qui est supportable de ce qui ne l’est plus.

Avant que la colère n’éclate publiquement, cette l

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Michaël Fœssel

Philosophe, il a présenté et commenté l'oeuvre de Paul Ricœur (Anthologie Paul Ricœur, avec Fabien Lamouche), a coordonné plusieurs numéros spéciaux de la revue, notamment en mars-avril 2012 "Où en sont les philosophes ?". Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit. Il est notamment l'auteur de L'Équivoque du monde (CNRS Éditions, 2008), de La Privation de l'intime (Seuil, 2008), État de

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